Partir loin de chez soi est souvent un grand saut dans l’inconnu. Mais il arrive souvent que des enfants prennent seuls le chemin, bravant la traversée de la Méditerranée ou du désert, au péril de leur vie, dans l’espoir de survivre. Ceux qui parviennent au bout du chemin doivent, le plus souvent, faire face à d’immenses difficultés, plus encore lorsqu’il s’agit de mineurs. Accès à la santé, à l’éducation, prise en charge psychologique : autant d’épreuves que traversent les mineurs non accompagnés tout au long de ce parcours migratoire aussi rude que dangereux. Mais qui sont réellement ces mineurs non accompagnés ? Et dans quelles conditions vivent-ils ?
Un mineur non accompagné (MNA), aussi appelé mineur isolé étranger (MIE), est un enfant de moins de 18 ans, de nationalité étrangère, présent sur le territoire sans représentant légal et privé, temporairement ou définitivement, de la protection de sa famille (UNICEF France). Il n’existe toutefois pas de catégorie juridique unique et harmonisée : la définition varie selon les institutions qui l’utilisent (COFRADE).
En tant qu’enfants, les MNA relèvent avant tout de la protection de l’enfance, et non du droit des étrangers. La Convention internationale des droits de l’enfant, prévoit que tout enfant privé de son milieu familial a droit à une aide spéciale de l’État. Les conseils départementaux ont l’obligation de leur apporter un soutien matériel, éducatif et psychologique dès leur prise en charge (UNICEF France).
L’accès à ces droits reste inégal. Le Comité des droits de l’enfant de l’ONU a critiqué l’absence de recours suspensif en cas de refus de protection, jugée contraire au droit international. Les retards administratifs et judiciaires peuvent aussi priver certains jeunes de six mois à trois ans de scolarisation (UNICEF France). En octobre 2025, un rapport de l’ONU a documenté des manquements graves et répétés dans la prise en charge des MNA en France (COFRADE).
L’accès à l’école est un droit garanti à tout enfant, quel que soit son statut. L’UNICEF France alerte cependant sur le manque de dispositifs adaptés (classes UPE2A) et sur des pratiques d’orientation qui limitent parfois les parcours de formation choisis par les jeunes eux-mêmes (UNICEF France, rapport “Je suis venu ici pour apprendre”).
Victimes de traites et d’exploitation sexuelle !
Le 11 août 2026, la Guardia Civil espagnole a annoncé le démantèlement, à Gran Canaria (îles Canaries), d’un réseau criminel spécialisé dans le recrutement de mineures non accompagnées d’Afrique subsaharienne à des fins d’exploitation sexuelle (Afrik.com). Le réseau ciblait des jeunes filles hébergées dans des centres d’accueil et de protection des Canaries, sous tutelle des services espagnols de protection de l’enfance (allAfrica).
Le mode opératoire
Les recruteurs approchaient les mineures directement dans leurs centres d’accueil, leur faisant miroiter des promesses d’emploi. Une fois convaincues, elles étaient transférées vers l’Espagne continentale ou la France, où certaines étaient ensuite contraintes à la prostitution (CNews). L’enquête a été déclenchée après le témoignage d’une jeune fille initialement prise en charge à Gran Canaria, revenue de France en Espagne, qui a révélé aux policiers avoir été recrutée sur cette même promesse d’emploi (Europe1).
L’intervention de la Guardia Civil a permis de secourir deux victimes et d’empêcher quatre autres mineures de quitter leur centre d’accueil. Cinq personnes ont été arrêtées, dont un mineur, à l’issue de plusieurs perquisitions menées sur l’île (La Nouvelle Tribune).