Cet après-midi de février 2026, le terrain de basketball du stade Charles De Gaulle à Porto-Novo est en effervescence. Le gymnase grouille de monde : différentes catégories de sportifs s’entraînent simultanément sur les aires de jeu. Après une série d’exercices tactiques avec de jeunes athlètes masculins de moins de 17 ans, ce sont les filles de la même catégorie qui prennent le relais. Le frottement des chaussures sur le sol et le rythme soutenu du ballon sur le parquet créent une ambiance électrique. Au bout d’une vingtaine de minutes, le jeu s’interrompt : les athlètes se désaltèrent et reprennent leur souffle. C’est l’occasion de rencontrer Rivaldo Worou, 24 ans, joueur de l’ASO Modèle et encadreur sportif béninois.

Pouvez-vous vous présenter ? 

Je m’appelle Rivaldo Worou. Je suis Béninois, et j’ai 24 ans. En plus de jouer au Basketball, j’encadre de jeunes catégories.

Comment avez-vous découvert le sport ?

J’ai toujours aimé le sport naturellement. Mais j’ai vraiment commencé lorsque j’ai intégré une école publique en classe de troisième. Chaque mercredi, il y avait des activités sportives. C’était la dernière année où ce programme existait. Pour moi, c’était une chance.

On nous demandait de choisir une discipline. Avec mes frères et sœurs, j’ai choisi le basketball. C’est comme ça que tout a commencé.

Vos débuts ont-ils été faciles ?

Pas du tout. Je ne connaissais même pas les gestes techniques au départ. Je suis arrivé à l’entraînement sans grande expérience. Mais j’étais heureux d’être sur le terrain. J’ai commencé dans un club appelé ASEC, qui était essentiellement composé de filles. C’est avec eux que j’ai appris.

Aujourd’hui, quel est votre rôle dans le domaine sportif ?

Cela fait maintenant huit ans que je pratique le basket-ball professionnel. Je continue de jouer, mais j’encadre aussi des jeunes, notamment les catégories cadettes et jeunes.

Je ne suis pas coach diplômé. Je n’ai pas suivi de formation officielle. C’est quelque chose de naturel pour moi. Mais si l’opportunité se présente, pourquoi pas devenir coach officiellement.

Le sport au Bénin accueille-t-il des joueurs étrangers ?

Oui, bien sûr. Le sport au Bénin n’est pas réservé uniquement aux Béninois. Il y a plusieurs nationalités dans les clubs.

Si un joueur vient de l’extérieur et veut jouer ici, il y a des procédures à suivre. Il faut déclarer sa nationalité, signer des documents et obtenir l’autorisation de jouer.

Les joueurs étrangers sont-ils payés ?

Oui. Tous les joueurs sont payés, qu’ils soient béninois ou étrangers.

Mais lorsqu’il s’agit de transferts depuis un autre club, surtout depuis l’étranger, ces transferts sont payants. Cela permet d’éviter des conflits avec le club formateur.

Dans votre environnement sportif, quelles nationalités retrouve-t-on ?

On a des Gabonais, il y a eu des Français auparavant, et même des Américains. Certains sont repartis aujourd’hui.

Comment percevez-vous ce brassage de différentes nationalités ?

C’est une très bonne chose. Si le monde pouvait fonctionner comme le sport, ce serait bien. Nous sommes tous des frères. Ce n’est pas parce qu’on vient de pays différents qu’on ne peut pas s’entendre.

Sur le terrain, il n’y a pas de clivage.

La migration dans le sport suscite parfois des tensions. Qu’en pensez-vous ?

Si un joueur est bon, on ne peut pas le laisser dans son pays sans évoluer. Il faut qu’il voyage, qu’il progresse, que le monde le connaisse.

Nous avons tous l’objectif de jouer à l’extérieur. Pour évoluer, il faut chercher plus loin. Ce n’est pas une obligation, mais c’est une ambition.

Que pensez-vous des barrières à la mobilité des sportifs ?

Il faudrait d’abord comprendre les causes de ces barrières. Il y a sûrement plusieurs raisons. Mais normalement, ces barrières ne devraient pas exister.

Dans le sport, on parle de fair-play et de lutte contre le racisme. Le racisme ne devrait pas exister. On devrait bannir cela.

Le sport peut-il aider à réduire les tensions liées à la migration ?

Oui, je pense. Quand on regarde à l’étranger, beaucoup de joueurs qui excellent viennent d’ailleurs. Par exemple, quand un Africain va jouer à l’extérieur, il donne souvent le meilleur de lui-même.

Le sport peut vraiment fédérer les gens.

Quel message adressez-vous aux jeunes ?

Je conseille à tout le monde de pratiquer le sport dès le bas âge si possible. Nous, nous n’avons pas eu la chance de commencer tôt.

Mais même si on commence tard, on peut réussir. J’ai commencé à 17 ans. Aujourd’hui, j’ai 24 ans et j’encadre déjà des jeunes. Avec la volonté et le travail, on peut évoluer.

Aspirez-vous à devenir entraîneur professionnel ?

Ce n’est pas impossible. Si l’opportunité se présente, je vais la saisir.