À l’occasion du séjour officiel du Président Bassirou Diomaye Faye en Espagne, l’organisation Action pour les droits humains et l’amitié (Adha) dénonce l’échec des politiques migratoires actuelles. Entre manque de transparence et approche sécuritaire, l’ONG exhorte les deux chefs d’État à un changement de paradigme radical pour placer la dignité humaine au cœur des échanges.
Une visite présidentielle sous le signe de l’urgence
Alors que le chef de l’État sénégalais séjourne en Espagne, l’heure n’est pas aux réjouissances diplomatiques pour Adama Mbengue, président d’Adha. Dans un communiqué sans détour, l’organisation exprime sa « profonde inquiétude » face à la persistance des drames migratoires qui endeuillent régulièrement les côtes. Pour l’ONG, cette rencontre au sommet ne doit pas constituer une simple « formalité diplomatique », mais doit impérativement marquer le point de départ d’une politique qui remet enfin l’humain au centre des décisions.
Le constat d’un échec des accords de migration circulaire
Les promesses nées de la visite de Pedro Sánchez à Dakar en août 2024 semblent aujourd’hui lointaines. Les accords de migration circulaire, présentés à l’époque comme une solution miracle, font l’objet de critiques acerbes de la part de l’Adha qui déplore un manque total de transparence. L’organisation souligne que ces dispositifs restent « limités, sélectifs et précaires », excluant de fait la grande majorité de la jeunesse sénégalaise. Selon l’ONG, ces outils servent davantage à la gestion administrative des flux qu’à une protection réelle des droits des travailleurs, qui demeurent dans une situation de grande vulnérabilité.
La dénonciation d’une approche « tout sécuritaire »
L’organisation fustige avec fermeté la stratégie de gestion migratoire actuelle, jugée essentiellement sécuritaire et centrée sur la dissuasion et le contrôle des frontières. Cette vision, déconnectée des réalités socio-économiques du terrain, ne ferait que pousser les jeunes vers des routes toujours plus périlleuses. L’avertissement de l’Adha est sans équivoque : « Sans rupture claire et courageuse, les mêmes politiques continueront de produire les mêmes drames ». Face à cette impasse, l’ONG appelle à une coopération fondée sur la justice et le respect des droits fondamentaux.
Vers un nouveau paradigme de coopération
Le changement de cap réclamé par l’Adha repose sur la mise en place de mécanismes effectifs de protection et l’ouverture de voies de migration régulière significatives. L’organisation insiste sur l’importance de garantir aux migrants un accès réel à la justice ainsi que des conditions de travail dignes. Pour l’ONG, il est temps de passer d’une gestion de crise à une politique de respect mutuel, afin que la relation bilatérale entre le Sénégal et l’Espagne ne soit plus synonyme de tragédies humaines mais de respect des droits de l’Homme.