Le parcours de Seydou Diop est un vrai combat. Ce jeune Sénégalais a traversé l’Europe, de l’Est vers l’Ouest. Il a connu le froid des écoles en Russie, les centres pour étrangers en Allemagne, et enfin la France. Forcé de partir à cause de la guerre en Ukraine, il essaie aujourd’hui de reconstruire sa vie après quatre ans de difficultés.
Tout commence par un rêve d’étudiant, une envie d’un mieux être, en 2018. Au départ, Seydou quitte le Sénégal avec une idée claire : il veut poursuivre son cursus dans un atmosphère plus favorable. Il arrive en Russie, plein de courage. Il s’habitue au grand froid et apprend la langue russe, qui est pourtant difficile. Il étudie dur jusqu’au jour où tout bascule. En février 2022, la Russie attaque l’Ukraine. À cause de cette guerre et des sanctions contre le pays, la vie de Seydou devient impossible. Il se retrouve bloqué dans un conflit qui n’est pas le sien. Il n’a plus le choix : il doit fuir. Il laisse derrière lui ses livres et ses espoirs de diplôme pour partir vers l’Europe de l’Ouest. “Je m’étais présenté comme réfugié de guerre à l’époque pour pouvoir regagner l’Allemagne”, se souvient-il. Mais ce nouveau départ en Allemagne va être très difficile.
L’Allemagne : trois ans de patience
Quand il arrive en Allemagne, Seydou commence un long parcours administratif avec beaucoup de papiers à remplir. Pendant presque trois ans, il essaie de faire sa place dans ce pays. Il apprend les bases de l’allemand et cherche à s’intégrer dans cette société très organisée.
Pourtant, malgré sa bonne volonté, les différences de culture sont trop grandes et l’empêchent d’avancer. Seydou ne veut pas seulement recevoir des aides d’argent du gouvernement. “l’Allemagne s’était compliquée. On pouvait être refoulé à tout moment. Raison pour laquelle j’attendais le moment opportun pour rejoindre la France, là où les choses étaient un peu plus souples”. Ce qu’il veut vraiment, c’est travailler et faire partie de la société. Or dans cette Allemagne là, il y a des règles bien définies à observer pour avoir sa place dans la société. À la fin de l’année 2025, il voit qu’il n’a pas d’avenir là-bas. Il décide alors de traverser une nouvelle frontière : celle de la France.
La France : le dernier espoir
Fin 2025, Seydou arrive en France. Là au moins, la langue n’est plus un obstacle pour lui, sans oublier cette forte colonie sénégalaise déjà sur place et sur qui il pourrait éventuellement compter. Pour lui, la France est une chance car il parle déjà la langue et la culture lui ressemble plus. Pour montrer qu’il est courageux et qu’il veut réussir, il choisit le chemin le plus difficile : l’armée. Il se présente à la Légion étrangère, une unité célèbre où l’on peut devenir soldat pour un nouveau pays. Seydou donne tout ce qu’il a. Il passe des tests physiques très durs et des entretiens de sécurité. Malheureusement, la réponse est négative : il n’est pas retenu. C’est un coup dur pour lui, mais il reste debout.
Aujourd’hui, Seydou Diop se retrouve face à son avenir. Son voyage, de Moscou à Berlin puis Paris, montre la force d’un homme qui refuse de se laisser abattre. Il continue, encore et toujours, de chercher sa place dans le monde. Contraire en Russie ou en Allemagne, le
jeune homme a de la famille dans l’hexagone, comme la majorité des Sénégalais. C’est déjà un atout de taille pour se faire, avant d’envisager, peut-être, un jour, un retour au bercail.