Les communautés des différents pays cohabitent sans grandes discordes, à Gbègo. « Ici, il n’y a pas de problème entre les différentes communautés. On ne dit pas que tel est Béninois, l’autre est ceci ou cela », dit Lalèyè.
« S’il arrive qu’il y ait des différends, une partie doit savoir raison garder pour maintenir l’harmonie », explique Zinsou. C’est à ce prix que l’homme tenancier d’une boutique de vente d’articles divers, témoigne de son leadership pour la quiétude avec ses pairs de différentes communautés.
Il précise qu’ils ont des occasions de réjouissances comme on en compte dans nombre d’associations d’acteurs du même secteur, dans cette ville réputée pour ses réjouissances populaires.
Outre le mécanisme de conciliation mis en place pour régler les différends et extirper de leurs rangs des fauteurs de troubles et autres personnes de mauvaise foi, Djafarou Bawa, président des Nigériens, la communauté la plus représentative du marché relève également le lien d’affaire.
« C’est le business qui nous unit plus. Chacun pratique sa religion. Parfois, on va acheter des marchandises ensemble à Cotonou ou au Nigeria. Certains vont également au Niger. Et quand on parle du Bénin, du Niger, et du Nigeria, on parle de la CEDEAO », souligne-t-il. Aujourd’hui avec les nouvelles donnes géopolitiques, il souhaite que les dirigeants puissent trouver un terrain d’entente.
« Nous n’avons pas de problèmes ici. Pour régler les différends, une fois par mois, chaque communauté tient une réunion avec son président et s’il y a des problèmes on l’évoque, après entre président on cherche les solutions », dit à Dialogue Migration, le président des Igbo, Tony Okfar.
« Le fait de vendre les même articles fait qu’il y a souvent la concurrence sur les prix. Sinon on n’a pas de problèmes particuliers », précise-t-il. En attendant que leurs initiatives face au phénomène des démarcheurs qui influencent leurs affaires soient concluantes, les marchands de Gbègo font leurs affaires et le bonheur de leur clientèle.