Certaines entités actives dans l’immigration sont, selon moi, des « capteurs d’argent et de projets ». Elles n’agissent pas réellement pour la jeunesse ou pour la population; elles finissent par pousser les jeunes à partir, parfois au-delà des mers. Pour illustrer, la mer demeure, pour beaucoup, un véritable cimetière des jeunes africains. A l’Ajrap, nous organisons des conférences, des galas de lutte, des thé-débats et des porte-à-porte pour toucher un large public. En 2006, à Thiaroye-sur-Mer, nous avons déploré la perte de près de 343 jeunes âgés de 25 à 26 ans: des maris, des pères, des fils et des mères qui restent dans nos mémoires.
Pour lutter contre l’immigration, il faut que l’État associe toutes les associations locales œuvrant sur ce sujet afin de trouver ensemble des solutions. Je suis convaincu que nous devons impliquer les communautés locales dans le travail de prévention de l’immigration pour que celle-ci recule réellement. Je demande à l’État du Sénégal, à l’Union européenne, aux volontaires et à tous ceux qui travaillent sur l’immigration de venir collaborer avec nous. Il faut promouvoir des formations professionnelles dans des domaines comme l’agriculture, l’élevage, la pêche afin que les jeunes puissent gagner leur vie autrement que par la migration. L’avenir du monde se joue ici en Afrique : notre sol est riche et nos ressources naturelles abondent. Il est temps de mettre en œuvre des projets concrets qui offrent une vraie alternative à la migration et qui permettent à la jeunesse d’émerger et de prospérer.