TSAHIROU Abdoul Raouf, président de l’Association des étudiants nigériens au Sénégal, est doctorant en médecine vétérinaire à l’École Inter-États des Sciences et Médecine Vétérinaires (EISMV) de Dakar. Installé au Sénégal depuis cinq ans, il s’illustre à la fois par son engagement académique et associatif, tout en s’intéressant à des secteurs émergents comme le Web 3. Dans cet entretien, il revient sur la présence nigérienne au Sénégal, les défis rencontrés par les étudiants, mais aussi les opportunités qu’offre le pays de la Téranga.

Quelle est aujourd’hui l’ampleur de la communauté nigérienne au Sénégal, et comment se passe son intégration dans la société sénégalaise ?

Il est difficile de donner un chiffre exact, mais on peut dire qu’il y a plusieurs centaines, voire plus, de Nigériens au Sénégal, entre étudiants, commerçants et autres travailleurs. Concernant les étudiants et stagiaires nigériens au Sénégal que je maitrise le plus, nous sommes estimés à environ 2000, répartis dans différentes régions du pays, notamment à Dakar mais aussi dans d’autres villes universitaires. On retrouve les Nigériens dans le commerce, les services, dans le domaine académique…C’est une communauté globalement solidaire, avec des associations qui facilitent l’entraide. L’intégration se passe globalement bien grâce à l’hospitalité sénégalaise et aux similitudes culturelles. Il peut y avoir des défis liés au coût de la vie, à l’adaptation et autres. Les relations sont très bonnes. Elles existent, mais elles sont faciles à gérer et même enrichissantes. Les Nigériens participent à la vie universitaire et sociale à travers des activités, des événements culturels et des échanges quotidiens. Cela favorise un enrichissement mutuel entre les cultures nigérienne et sénégalaise.

Quelles sont les perspectives des étudiants nigériens formés au Sénégal, notamment en ce qui concerne leur contribution au développement du Niger ? 

Beaucoup souhaitent retourner contribuer au Niger, même si certains envisagent des opportunités ailleurs. Ils représentent une ressource humaine qualifiée pour le développement du Niger. Améliorer les conditions de vie des étudiants, accélérer les procédures administratives et renforcer l’accompagnement.

Quels sont les principaux défis auxquels font face les étudiants nigériens au Sénégal, notamment sur le plan financier et social ?

Retards de bourses, coût de la vie, logement parfois compliqué. La plupart dépendent des bourses de l’État nigérien, parfois complétées par le soutien familial. Les universités sénégalaises offrent globalement un bon cadre académique. Le Sénégal est une opportunité, mais il faut venir avec sérieux, discipline et détermination. Nous remercions le Sénégal pour son Téranga légendaire et encourageons le renforcement de cette coopération bénéfique pour nos deux peuples.