Tahoua (81 %) exprime une satisfaction plus forte que Zinder (70 %). Les critiques à Zinder concernent surtout la qualité des formations, le manque de suivi après le programme et l’insuffisance des montants alloués.
Le modèle basé sur la formation et l’accompagnement entrepreneurial à Tahoua semble mieux répondre aux besoins de durabilité économique (41 % ont reçu un accompagnement à Tahoua contre 23 % à Zinder). À Zinder, la prédominance de l’aide financière sans encadrement suffisant (63 % ont reçu une aide financière à Zinder contre 44 % à Tahoua) limite les effets positifs attendus.
Les données soulignent l’urgence de renforcer le dialogue, de simplifier les procédures et de mettre en place des dispositifs de microfinance adaptés aux migrants de retour. Une meilleure gouvernance locale des ressources issues de la migration est essentielle pour transformer les contributions individuelles en un véritable levier de développement durable pour les communautés de Tahoua et Zinder.
L’argent est là, la volonté aussi, mais la mécanique est grippée. Pour que les transferts des migrants cessent d’être une simple béquille sociale pour devenir un véritable moteur économique, le changement ne viendra pas des seules familles. Sans une réduction drastique des frais d’envoi et la création d’un écosystème favorable à l’investissement, cette manne financière continuera de s’évaporer dans l’urgence du quotidien. Le défi est désormais clair pour les autorités : il faut transformer cette solidarité familiale en levier de développement national, avant que la précarité ne l’emporte sur la résilience.