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À Amdjarass au Tchad, la culture interroge les récits migratoires sahariens
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À Amdjarass au Tchad, la culture interroge les récits migratoires sahariens
February 28, 2026

Organisée du 7 au 13 février 2026 à Amdjarass, chef-lieu de  la province de l’Ennedi-Est au Tchad, la sixième édition du Festival international des cultures sahariennes (FISCA), a rassemblé des délégations venues d’Afrique, d’Europe et d’Asie autour du thème « coopération Sud-Sud : culture et tourisme durable pour des territoires inclusifs». Cet événement culturel a également offert un prisme inattendu pour réfléchir aux mobilités sahariennes.

Le FICSA met en scène des déplacements qui échappent aux catégories habituellement associées au Sahara. Les participants ne traversent pas le désert pour fuir un conflit ou contourner une frontière. Ils circulent pour exposer, échanger, débattre et créer. Cette mobilité assumée, organisée et encadrée contraste avec les images dominantes liées aux routes migratoires irrégulières.

La présence des Premiers ministres du Burkina Faso et du Niger, ainsi que du ministre malien de la Culture, a donné au festival une dimension politique claire. Leurs interventions ont insisté sur la coopération régionale, le patrimoine partagé et le rôle de la culture dans la consolidation des liens sahéliens. Cette implication gouvernementale montre que les circulations culturelles sont aussi perçues comme des instruments de rapprochement diplomatique dans une région souvent décrite uniquement à travers le prisme sécuritaire.

Le Sahara est fréquemment présenté comme une zone de passage vers l’Europe, théâtre de trafics et de drames humains. Cette représentation occulte une réalité plus ancienne et plus complexe. Historiquement, le désert a structuré des échanges commerciaux, religieux et intellectuels reliant l’Afrique subsaharienne, le Maghreb et le monde méditerranéen. Amdjarass s’inscrit dans cette continuité.

Le Sahara, carrefour plutôt que frontière

Le thème de la coopération Sud-Sud remet en lumière une évidence souvent négligée. Toutes les mobilités africaines ne convergent pas vers le Nord. Les échanges entre pays du Sahel, les collaborations entre artistes du Maghreb et d’Afrique de l’Ouest, les dynamiques culturelles régionales constituent une part significative des circulations contemporaines. Elles sont pourtant peu visibles dans les débats publics dominés par les politiques de contrôle. La participation d’invités venus d’Europe et d’Asie renforce cette lecture. Ces déplacements s’inscrivent dans une logique de coopération culturelle et de valorisation territoriale. Ils témoignent d’une mobilité fondée sur la reconnaissance mutuelle et la mise en réseau, et non sur la contrainte.

Évoquer la migration à partir du FICSA ne revient pas à minimiser les réalités difficiles qui traversent le Sahara. Les routes migratoires existent et continuent de produire des tragédies. Mais réduire la région à ces trajectoires de détresse empêche de saisir la diversité des circulations humaines qui la traversent.

Amdjarass rappelle que la mobilité peut aussi être liée à la création, à la transmission et à la coopération régionale. Dans un espace souvent associé au départ et à l’exil, le festival met en évidence une autre dynamique, celle d’un Sahara qui relie plutôt qu’il ne sépare.


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