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Au Niger, le Festival des Africains brise les frontières et célèbre l’héritage ancestral
Découverte
Au Niger, le Festival des Africains brise les frontières et célèbre l’héritage ancestral
Youssouf Abdoulaye Haidara 🇳🇪
Youssouf Abdoulaye Haidara 🇳🇪
January 20, 2026

La septième édition du Festival des Africains bat son plein au Niger. Au-delà des festivités, l’événement s’impose comme un laboratoire vivant de l’unité continentale. Radisson blue, transformée pour l’occasion en carrefour des peuples, des artisans venus de toute la sous-région et d’Afrique centrale matérialisent cette volonté de construire une identité commune, loin des discours politiques, par le biais de l’échange culturel et économique.

L’atmosphère sur le site de la foire tranche avec la morosité économique mondiale. Ici, la souveraineté culturelle n’est pas un vain mot, mais une réalité tangible portée par des entrepreneurs décidés à valoriser le « Made in Africa ». C’est le cas de Magali Cyrila Ndjindjo, ressortissante centrafricaine. Sa présence à Niamey illustre la circulation des biens et des personnes que le festival tente de promouvoir.

Le retour aux sources comme ciment identitaire

Pour cette septième édition, le stand de la Centrafrique a fait le pari de l’authenticité brute. Pas de gastronomie cette année, mais une plongée dans l’artisanat traditionnel et les rites sociaux. Magali présente aux visiteurs nigériens une collection d’objets chargés de sens : des pailles, des cordes, des tissus, et surtout des artefacts cérémoniels.

Parmi les pièces maîtresses de son exposition figurent les queues de cheval et les maracas. Ces objets dépassent la simple fonction décorative. Magali explique leur rôle central dans la société centrafricaine : les maracas rythment les cérémonies religieuses et les acclamations populaires, tandis que les queues de cheval sont des attributs essentiels lors des mariages et des danses traditionnelles, particulièrement pour les femmes.

Ce choix d’exposition répond à une logique de résistance culturelle. Face à l’invasion des standards occidentaux, l’exposante centrafricaine prône une fierté retrouvée. « Nous aimons la culture africaine car ce sont des choses naturelles, c’est ce dans quoi nous avons grandi », affirme-t-elle. Cette vocation à préserver l’héritage ancestral trouve un écho particulier au Niger, créant un pont immédiat entre les visiteurs locaux et l’exposante, unis par ce même attachement aux racines.

L’intégration par l’économie et la diaspora

L’intégration africaine ne se limite pas à la préservation du passé. Elle s’incarne également dans la mobilité des compétences et l’entrepreneuriat transfrontalier. Conrad Wegounou incarne cette Afrique en mouvement. Béninois d’origine, il réside au Niger depuis six ans. Sa participation au festival pour le compte de l’entreprise « Gina Fashion » démontre que l’intégration est un vécu quotidien pour des millions d’Africains vivant hors de leur pays natal.

Sa structure opère dans des domaines variés allant de la couture et la coiffure au consulting en comptabilité et fiscalité. Pour Conrad, le festival est une vitrine commerciale stratégique. Présent depuis l’édition 2022, il observe l’évolution de l’événement avec un œil expert. Son approche du marché reflète une Afrique moderne, capable de digérer les influences extérieures sans se renier. Il propose une diversité de modèles, alliant le style purement africain à des coupes occidentales, illustrant un métissage décomplexé.

Une vision panafricaine en expansion

Le festival africain agit comme un baromètre de la cohésion régionale. Conrad Wegounou note une dynamique positive : l’élargissement du cercle des participants. De nouveaux pays rejoignent l’aventure chaque année, densifiant le réseau d’échanges. Les comités d’organisation travaillent désormais à exporter le concept.

L’objectif affiché est ambitieux : faire tourner le festival dans différents pays pour que l’événement ne soit plus uniquement associé au Niger, mais devienne une propriété commune du continent. « La vision est d’unir le peuple », souligne l’entrepreneur béninois. Cette itinérance future permettrait de renforcer le sentiment d’appartenance à une même communauté de destin, brisant les barrières géographiques héritées de l’histoire.

Les témoignages recueillis sur place confirment que l’intégration africaine se construit autant dans les chancelleries que sur les stands des marchés. En valorisant les produits du terroir, comme les maracas centrafricains, ou en facilitant l’implantation de commerces transnationaux comme Gina Fashion, le Festival des Africains remplit sa mission : créer un espace où le Béninois, le Centrafricain et le Nigérien se reconnaissent comme frères.

L’événement se poursuit, drainant un public curieux, venu célébrer cette diversité. Les organisateurs espèrent que cette septième édition marquera un tournant décisif vers une institutionnalisation de ces rencontres, indispensables à la vitalité culturelle et économique de l’Afrique de l’Ouest et du Centre.


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