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Coupe du Monde 2026 : entre qualification et travel-ban, un étrange paradoxe pour certains pays
Découverte
Coupe du Monde 2026 : entre qualification et travel-ban, un étrange paradoxe pour certains pays
Koffi Dzakpata 🇹🇬
Koffi Dzakpata 🇹🇬
January 20, 2026

La Coupe du Monde 2026, co-organisée par les États-Unis d’Amérique, le Canada et le Mexique, inaugure un format inédit : 48 équipes contre 32 depuis plusieurs éditions. Grâce à ce format élargi, plus de nations, notamment du continent africain, ont la possibilité de décrocher un billet pour le tournoi. En fin 2025, plusieurs équipes qualifiées déjà confirmées étaient : Maroc, Sénégal, Égypte, Algérie, Ghana, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Afrique du Sud. Et la République Démocratique du Congo participera au tournoi de barrage intercontinental. Pour ces nations, comme pour d’autres encore en course, la qualification constitue un exploit sportif, une fierté nationale, ainsi qu’un espoir d’exposition, de développement du football local, et d’opportunités pour joueurs, staff et supporters.

Travel ban et restrictions 

Mais un obstacle majeur plane : la politique migratoire des pays-hôtes, en particulier celle des États-Unis. En 2025, l’administration américaine a décidé d’un « travel ban », une interdiction d’entrée ou des restrictions sévères de visa, visant de nombreux pays, majoritairement en Afrique, au Moyen-Orient et ailleurs.

Certaines des nations concernées sont directement touchées par ces restrictions. Parmi elles, on trouve Haïti, la RD Congo,le Sénégal, la Côte d’Ivoire, Iran cités parmi les pays soumis à des restrictions renforcées.

Pays qualifiés vs. pays sous restrictions 

Les équipes nationales de certains pays se sont qualifiées pour la Coupe du Monde 2026. Mais ces derniers figurent parmi les pays sous travel ban total ou partiel.

Théoriquement, les joueurs, encadrements et personnels techniques bénéficient d’une exemption, c’est-à-dire qu’ils pourront entrer sur le sol américain malgré les restrictions, grâce à une clause spéciale pour événements sportifs majeurs.

En revanche, pour les supporters, les familles et les citoyens ordinaires de ces pays, la situation reste incertaine voire bloquée : visa difficile, refus d’entrée, ou simples restrictions. Par exemple, des pays comme Iran, également sur la liste du travel ban, risquent de voir leurs supporters privés de stade malgré la qualification. 

Pourquoi ce travel ban ?

Selon l’administration américaine, les pays visés sont jugés comme présentant des « procédures de vérification déficientes » ou un historique de difficultés à prendre en charge le retour de leurs ressortissants expulsés.  Cette politique s’inscrit dans un cadre de sécurité nationale et de contrôle de l’immigration mis en place depuis plusieurs années, mais son application à un événement mondial comme la Coupe du Monde soulève un dilemme : comment concilier ouverture du sport, universalité du football et politique restrictive d’entrée sur le territoire ?

Impact concret sur le Mondial et sur le principe d’universalité

Pour les équipes : Rien ne change fondamentalement si elles sont exemptées. Les joueurs, le staff, les officiels pourront normalement voyager. Mais l’incertitude pèse sur les conditions d’accueil, la visibilité, le support des supporters, et le moral, tous éléments essentiels dans un tournoi international.

Pour les supporters et diaspora : Des millions de fans risquent d’être privés d’accès, soit parce que leur pays est soumis à des restrictions, soit parce qu’ils ne seront pas priorisés. Cela réduit l’expérience collective, le soutien populaire, mais aussi l’impact économique (tourisme, remises, billets, hébergement).

Pour l’image et l’éthique du football : Le sport, censé symboliser la paix, l’universalité et le rassemblement, se retrouve confronté à des politiques migratoires restrictives. Certains dénoncent une rupture entre les valeurs du sport et les réalités géopolitiques.

Pour la diplomatie sportive : Des tensions diplomatiques peuvent émerger entre les pays concernés, les fédérations sportives et les pays hôtes, comme ce fut le cas avec la Fédération iranienne de football (FFIRI) menaçant de boycotter le tirage au sort si des visas n’étaient pas accordés.

Enjeux et conséquences pour l’Afrique et le monde du football

Inégalités accrues : des pays déjà fragiles deviennent encore plus éloignés de la fête mondiale, non pas par manque de mérite sportif, mais pour des raisons politiques.

Fragmentation des communautés de supporters : diaspora, familles, fans limités dans leur capacité de déplacement ; perte de cohésion autour d’équipes nationales. 

Affaiblissement du “soft power” des pays affectés : impossible de mobiliser l’émotion, la visibilité, les retombées médiatiques que génère un Mondial.

Pression sur les fédérations africaines : devoir arbitrer entre opportunités sportives et réalité géopolitique, avec des conséquences sur le long terme pour le développement du football.

La Coupe du Monde 2026 promet d’être l’un des plus grands spectacles sportifs de la décennie. Mais le « travel ban » qui frappe certains pays, y compris certains compétiteurs ou candidats sérieux, jette une ombre sur l’universalité du football.

Qualification, drapeaux, rêves d’enfants, supporters venus des quatre coins du monde… Tous ces éléments risquent de se heurter à une réalité politique : le refus d’entrée, les visas restreints, les exclusions. Pour que le Mondial reste ce grand rassemblement planétaire, il faudra que les États, les fédérations et les organisateurs fassent le choix de l’inclusion plutôt que de la barrière.


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