
Le Projet de Coopération Régionale en Matière de Politiques Migratoires (CRPM) a lancé sa deuxième phase en semi-décembre, renforçant les capacités nationales du Cameroun, des Comores, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, de Madagascar et du Sénégal. Une étude régionale met en lumière les enjeux cruciaux de la réintégration des migrants de retour.
À la veille de la Journée nationale de la diaspora sénégalaise qui s’ouvre le 17, le Projet de Coopération Régionale en Matière de Politiques Migratoires, offre un avant-goût en faisant le focus sur les migrants de retour et sur leur réintégration socio-économique. La deuxième phase du Projet de Coopération Régionale en Matière de Politiques Migratoires (CRPM) entre dans une étape opérationnelle concrète, visant à consolider les acquis de la première phase. Elle cible six pays partenaires (Cameroun, Comores, Côte d’Ivoire, Guinée, Madagascar et Sénégal) avec un triple objectif central.
Pour le Sénégal, la migration est bien plus qu’une réalité socio-économique ; elle est un levier stratégique de développement. ‘’Au-delà des transferts de fonds, la diaspora contribue activement au développement des territoires d’origine via les investissements communautaires, le transfert de compétences et la coopération décentralisée”, souligne le secrétaire d’État aux sénégalais de l’extérieur, Cherif Amadou Diouf. Rappelons que cet engagement est célébré pour la première fois avec la Journée nationale de la diaspora, le 17 décembre, un événement soulignant l’importance stratégique de cette communauté à fort potentiel. “Notre gouvernement vise à valoriser la coopération interafricaine en renforçant le rôle de la diaspora et des initiatives pour l’intégration africaine. C’est pourquoi le projet CRPM entre en droite ligne avec les orientations des autorités pour des actions de coopération Sud-Sud”, renchérit M. Diouf.
L’événement marquant de cette phase est la présentation d’une étude régionale, réalisée par le Migration Policy Institute Europe (MPI), qui dresse un diagnostic complet des dispositifs de réintégration des migrants de retour. L’étude vise à identifier les bonnes pratiques et les difficultés rencontrées, afin de formuler des recommandations stratégiques.
Les résultats mettent en lumière la complexité du retour, une étape souvent invisible dans l’action publique, notamment les retours spontanés.
Le chef de projet du CPRM 2, Bamadi Sanokho a donné son avis sur les typologies de retour au bercail : “Le retour n’est ni un simple moment administratif, ni un point final. Il peut être volontaire, contraint, préparé, subi, assisté ou spontané”. Selon lui, l’étude révèle des “difficultés psychosociales majeures” qui sont encore “très insuffisamment prises en compte, alors même qu’elles conditionnent la réussite de toute réintégration économique”. Un autre défi majeur identifié est la fragmentation institutionnelle, où de nombreux acteurs agissent sans coordination claire, durable et visible pour les personnes concernées.
Vers une nouvelle approche : dialogue, confiance et opérationnalité
Ces constats ne sont pas des reproches, mais une base pour un dialogue lucide et constructif, selon les responsables du CRPM. Le projet mise sur la conviction qu’ “aucun pays ne peut répondre seul à la complexité des enjeux migratoires”.
L’objectif du CRPM est de partager les expériences et d’adapter les solutions.
Pour le Sénégal, les résultats de l’étude sont appelés à renforcer le Mécanisme National d’Orientation des Migrants de Retour (MNO). La mobilisation des parties prenantes a déjà permis l’adoption de Procédures Opérationnelles Standard, prouvant que le pays est “résolument engagé sur la voie d’une gouvernance migratoire inclusive, cohérente et pleinement centrée sur le respect des droits humains”. Le programme des deux jours d’atelier alternera présentations, tables rondes et ateliers participatifs, avec une ambition claire : faire en sorte que ces échanges “produisent des enseignements opérationnels utiles pour les pays pour qu’ils puissent améliorer les politiques de retour et de réintégration”.