Les approches de solution que je peux proposer c’est déjà que l’État s’organise parce que la crise est sous-régionale. Il faut que l’État s’organise afin de bénéficier des institutions internationales en charge de migrants pour réserver un accueil chaleureux à ces personnes déplacées. L’Etat doit aussi leur trouver aussi des issues, des activités génératrices de revenus. Pour ceux qui veulent s’investir dans l’agriculture, il faut qu’on aménage des espaces. Ceux qui sont dans le commerce, qu’on leur trouve des fonds. Il faut surtout que les organisations de la société civile s’investissent aussi dans les sensibilisations pour une cohabitation pacifique entre les déplacés et les familles d’accueil ou les communautés d’accueil. Parce que comme je l’ai dit, il peut y avoir des frictions entre les déplacés et les communautés d’accueil, liées justement à l’accès aux moyens de production. Et donc il faut nécessairement des actions de sensibilisation dans ce sens là. Et il faut surtout veiller à ce que les droits humains soient respectés dans les lieux d’installation de ces personnes, qu’elles soient les déplacés internes ou des réfugiés qui sont arrivés des pays voisins.
L’insécurité est à l’origine d’autres dynamiques : on constate que dans les zones de Karimama, il y a certaines populations qui se déplacent pour aller vers le Niger. Il faut aussi analyser les choses dans ce sens et ne pas seulement se concentrer sur ceux qui arrivent au Bénin. En effet, il y a aussi ceux qui partent du Bénin, comme c’est le cas dans la zone de Karimama. Même si ce n’est pas de manière massive, il y a quand même quelques familles qui se sont déplacées et qui ne sont pas forcément accueillies par l’État nigérien de manière institutionnelle ou structurelle. Donc, je pense qu’il faut que les actions soient aussi sous-régionales pour ne pas assister à des actes de refoulement comme on l’a observé au Ghana, vis à vis des réfugiés Burkinabès. Je pense que nos Etats doivent se montrer solidaires les uns envers les autres, parce que nos communautés installées de part et d’autre des frontières sont parfois les mêmes. Elles ont les mêmes familles, les mêmes langues ; ce sont les mêmes communautés. Il est donc important que les réceptions de ces communautés soient empreintes de solidarité et que les États puissent travailler main dans la main pour assurer les capacités de résilience de ces communautés en leur donnant les moyens de survivre dans les zones d’accueil.