En Afrique comme en Europe, l’actualité migratoire de septembre est marquée par des initiatives en faveur de l’inclusion, mais aussi par la persistance des drames sur les routes migratoires et le durcissement des politiques de contrôle. Alors que des pays mettent en place des dispositifs d’accueil et d’accompagnement, les tensions aux frontières européennes et les débats sur la protection des migrants restent au cœur de l’actualité.

Au Tchad, l’inclusion des réfugiés dans les systèmes éducatifs fait l’objet d’une nouvelle initiative. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et le projet Jigsaw ont associé des enseignants réfugiés à un travail de recherche en tant que chercheurs pairs. L’objectif est de mieux comprendre leur expérience et de contribuer à l’amélioration des systèmes éducatifs. La démarche vise également à renforcer leur autonomie et leur bien-être. 

Pendant ce temps en Mauritanie, une pirogue partie de Gambie a fait naufrage le 13 septembre. Une fillette migrante de sept ans est morte et 27 personnes étaient encore portées disparues au 16 septembre. Selon les témoignages de survivants rapportés par l’Association des Sénégalais de Nouadhibou, 65 personnes, dont onze femmes, se trouvaient à bord de l’embarcation. 

Au Nigeria, la question du retour des migrants occupe également l’actualité. Dans l’État d’Enugu, le gouverneur Peter Mbah a annoncé une aide de 77 millions de nairas destinée à 77 familles rapatriées d’Afrique du Sud. Ces familles comptent 112 ressortissants de l’État d’Enugu contraints de rentrer en raison de la recrudescence des attaques xénophobes. Les autorités locales recensent par ailleurs 42 autres familles rapatriées, en collaboration avec la Commission des Nigérians de la diaspora.

À l’échelle continentale, une enquête d’Afrobarometer apporte un éclairage sur le rapport des populations africaines aux migrations. Réalisée auprès de 50 961 personnes dans 38 pays en 2024 et 2025, l’étude montre une forte acceptation des différences ethniques, religieuses et nationales. Elle révèle toutefois des réserves plus importantes concernant les étrangers et les réfugiés. Ces résultats mettent ainsi en évidence un contraste entre l’ouverture affichée envers la diversité sociale et certaines réticences à l’égard de l’immigration.

Au Maroc, les autorités ont publié le bilan de leur lutte contre l’émigration irrégulière pour l’année 2025. Selon les chiffres officiels, 73 640 tentatives de départ irrégulier ont été avortées et plus de 300 réseaux de trafic ont été démantelés. Les autorités font également état de 13 595 migrants secourus en mer et pris en charge, notamment sur les plans médical et humanitaire. Rabat présente ces opérations comme relevant d’une approche de « gestion humanisée des frontières ». Dans le même temps, le royaume a réaffirmé sa volonté de maintenir une coopération étroite avec l’Espagne sur les questions migratoires et sécuritaires. Dans un communiqué publié le 10 septembre, le ministère marocain des Affaires étrangères a rappelé l’importance de la relation de bon voisinage et du partenariat entre les deux pays.

Du côté de l’Europe, en Espagne, la situation reste particulièrement tendue autour de Ceuta, après les arrivées massives enregistrées fin juillet. Si la majorité des plus de 70 000 personnes entrées dans l’enclave ont regagné le Maroc, plusieurs milliers y demeurent. Des manifestations ont depuis lieu régulièrement, tandis que la population locale réclame un retour à la normale. Pour répondre aux besoins d’hébergement, les autorités espagnoles ont ouvert le 13 septembre un nouveau centre d’accueil d’une capacité de 864 places.

La situation à Ceuta intervient alors que l’Union européenne cherche à renforcer sa réponse aux mouvements migratoires. Dans son discours sur l’état de l’Union le 16 septembre à Strasbourg, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé vouloir renforcer les contrôles aux frontières extérieures. Elle a également proposé la création d’un « cadre de réponse d’urgence aux crises migratoires » pour faire face aux mouvements massifs aux frontières. Selon les chiffres qu’elle a présentés, les arrivées irrégulières dans l’Union européenne auraient diminué de 55 % en deux ans et de 35 % en 2026.

Aux Canaries, les 82 Sénégalais retenus sur l’île d’El Hierro ont été libérés après l’expiration du délai légal de rétention de 60 jours. Ils avaient été placés en rétention dans la perspective d’une expulsion collective dans le cadre du Pacte européen sur la migration. Leurs demandes d’asile, introduites entre-temps, suspendent désormais leur éloignement jusqu’à l’examen de leurs dossiers par les autorités espagnoles.

À Las Palmas de Gran Canaria enfin, les questions liées aux droits des migrants et aux relations avec les forces de sécurité ont également été portées devant la justice. Isabel Alfaro, présidente de la Fédération nationale des associations d’immigrants réfugiés en Espagne, comparaît pour des propos tenus lors d’une assemblée après la mort d’Abdoulie Bah, un jeune Gambien de 19 ans abattu par la police en mai 2025 à l’entrée de l’aéroport de Gran Canaria. Le ministère public et l’accusation particulière demandent une amende de 4 050 euros pour injures graves aux forces de sécurité.