L’actualité sur les migrations du mois de juillet est marquée par une intensification des initiatives de prévention de la migration irrégulière en Afrique, des opérations de retour volontaire et de sauvetage de migrants, mais aussi par le renforcement des politiques migratoires en Europe et aux États-Unis. Parallèlement, les Nations unies et les organisations de défense des droits humains continuent d’alerter sur les violations subies par les migrants le long de plusieurs routes migratoires.
En Afrique de l’Ouest, le Sénégal poursuit ses efforts de lutte contre la migration irrégulière. Le député Guy Marius Sagna, chef de la délégation sénégalaise au Parlement de la CEDEAO, a annoncé que les préoccupations des habitants de Thiaroye-sur-Mer seront portées devant le gouvernement sénégalais et la Commission de la CEDEAO. Cette démarche fait suite à une interaction parlementaire organisée du 13 au 17 juillet à Dakar, afin de sensibiliser les populations aux dangers de la migration irrégulière et de la traite des personnes. Selon l’élu, plus de 400 jeunes originaires de cette commune auraient perdu la vie sur les routes migratoires depuis 2006. Toujours au Sénégal, la marine nationale a secouru le 16 juillet 89 migrants dont l’embarcation, partie du sud du pays à destination des îles Canaries, est tombée en panne en pleine mer. Les rescapés, composés majoritairement de Sénégalais mais aussi de ressortissants gambiens, guinéens, nigérians et maliens, ont été remis aux autorités compétentes. Une enquête a été ouverte afin d’identifier les organisateurs de cette tentative de traversée.
Le Ghana de son côté, a accueilli 345 migrants de retour volontaire de Libye entre le 12 et le 15 juillet grâce à deux vols organisés par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Depuis le début du mois, l’organisation indique que 822 migrants ont bénéficié de ce dispositif à destination du Ghana, du Bangladesh, du Tchad et de la Somalie, avec le soutien de l’Union européenne.
Plus à l’est du continent, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), en partenariat avec le gouvernement éthiopien, a ouvert un centre d’aide à Addis-Abeba destiné à accompagner les réfugiés et demandeurs d’asile dans leurs démarches administratives et leur intégration. Installée dans le quartier de Kirkos, cette structure offre notamment une assistance juridique, des informations sur le regroupement familial ainsi qu’un accompagnement vers l’emploi. Plus de 80 000 réfugiés et demandeurs d’asile vivent actuellement dans la capitale éthiopienne.
La Somalie quant à elle, renforce sa coopération avec l’Organisation internationale pour les migrations afin de développer des actions de communication stratégique pour prévenir la migration irrégulière. Les deux parties souhaitent notamment renforcer les campagnes de sensibilisation, accompagner les migrants de retour et former les professionnels des médias afin de mieux informer les populations sur les risques liés aux parcours migratoires clandestins.
À l’extrême sud du continent, plusieurs centaines de personnes ont de nouveau manifesté en Afrique du Sud contre la présence d’immigrés en situation irrégulière. Organisées principalement à Durban et Johannesburg, ces mobilisations devraient se poursuivre chaque semaine jusqu’aux élections municipales de novembre. Certaines manifestations ont donné lieu à des intimidations et à des attaques visant des commerçants et des migrants présumés sans papiers, ravivant les inquiétudes autour des tensions xénophobes dans le pays.
En Afrique australe, Amnesty International a dénoncé le transfert de 11 migrants expulsés des États-Unis vers l’Eswatini. L’organisation de défense des droits humains qualifie cette politique de « cruelle et raciste ». Avec cette nouvelle opération, 29 personnes expulsées des États-Unis sont désormais détenues dans ce royaume, dans le cadre d’un accord conclu entre Washington et Mbabane pour accueillir des migrants expulsés vers des pays tiers.
Dans le nord de l’Afrique, l’Égypte et la France ont signé une déclaration d’intention destinée à approfondir leur coopération en matière de migration. Selon les autorités égyptiennes, ce partenariat privilégie une approche globale reposant sur le développement économique, la formation professionnelle, l’enseignement supérieur et la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière, au-delà du seul contrôle des frontières. Toujours en Afrique du Nord, des experts des Nations unies ont exprimé leur profonde préoccupation concernant la situation des migrants en Tunisie. Selon eux, plus de 7 400 personnes, principalement originaires d’Afrique subsaharienne, auraient été victimes depuis juin 2023 de détentions arbitraires, d’expulsions collectives et de traite des êtres humains à la frontière tuniso-libyenne. Les experts évoquent également des témoignages faisant état de violences physiques et de mauvais traitements impliquant des acteurs étatiques et non étatiques.
Enfin, de l’autre côté de l’Atlantique, les États-Unis poursuivent le durcissement de leur politique migratoire. L’administration Trump a annoncé son intention de limiter la durée de séjour des étudiants et journalistes étrangers. Si ces nouvelles dispositions entrent en vigueur, les titulaires d’un visa étudiant ne pourront plus rester plus de quatre ans sur le territoire américain, tandis que les journalistes étrangers verront leur séjour limité à 240 jours, avec possibilité de renouvellement.