Réuni avec les populations de Thiaroye-sur-Mer, une commune côtière de Dakar au Sénégal, pour échanger sur les dangers de l’émigration clandestine et de la traite des personnes, le député sénégalais et parlementaire de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Guy Marius Sagna, appelle à dépasser la simple sensibilisation. Il plaide pour des financements concrets en faveur des jeunes et exige des éclaircissements sur la gestion des visas et de la migration circulaire.

Au-delà de la sensibilisation : l’urgence d’actions concrètes

Face à l’ampleur des drames migratoires en Afrique de l’Ouest, les discours ne suffisent plus. C’est le constat dressé par le député Guy Marius Sagna à l’issue d’une interaction parlementaire avec les citoyens de Thiaroye-sur-Mer, une localité durement touchée par le phénomène. Pour le parlementaire, la lutte contre l’émigration clandestine nécessite désormais un changement de paradigme axé sur le développement socio-économique local.

« Depuis vingt ans, les populations font de la sensibilisation. Elles ne disent pas qu’il faut arrêter, mais elles demandent que d’autres actions concrètes accompagnent ces efforts. »

Au cours des échanges, le député a recueilli les préoccupations des riverains, confrontés depuis de nombreuses années aux conséquences humaines, sociales et économiques de ce drame.

« Les échanges ont permis de mettre en évidence les multiples facteurs à l’origine des départs irréguliers, notamment le chômage des jeunes, les difficultés d’accès au financement et la vulnérabilité économique de certaines couches sociales. »

Financement des jeunes : lever le verrou des garanties

Pour enrayer les départs à haut risque, Guy Marius Sagna insiste sur la création d’opportunités économiques sur place, en particulier pour les couches les plus défavorisées. L’accès au crédit et au capital de départ reste, selon lui, le nœud du problème pour la jeunesse des milieux modestes qui ne dispose pas de garanties bancaires. « Les populations demandent davantage de moyens pour créer des activités génératrices de revenus et offrir des perspectives locales à la jeunesse. »

Afin de transformer ces doléances en décisions politiques, le parlementaire promet d’actionner tous les leviers institutionnels à sa disposition, tant au niveau national que régional.

« Ces préoccupations seront relayées à travers les mécanismes de contrôle parlementaire, notamment les questions écrites, les missions d’information et les auditions des membres du gouvernement à l’Assemblée nationale. »

Selon le député, l’efficacité des politiques publiques dépendra de leur capacité à intégrer directement les attentes des communautés en première ligne.

Transparence et équité dans la gestion de la migration légale

Outre le soutien économique, la question de l’accès aux opportunités de mobilité légale a été vivement débattue. De nombreux citoyens s’interrogent sur les critères d’attribution des visas et des programmes de migration circulaire, poussant le parlementaire à exiger davantage de clarté de la part des autorités. « La question de la gouvernance des visas et des quotas de migration circulaire a été soulevée par plusieurs participants. Nous ne pouvons pas affirmer que ces mécanismes sont mal gérés, mais nous allons interpeller le gouvernement afin de comprendre comment sont gérés les quotas de migration circulaire. »

Guy Marius Sagna estime qu’un traitement juste et transparent de ces dispositifs est essentiel pour restaurer la confiance et offrir une alternative crédible aux réseaux clandestins. « Nous utiliserons les instruments de contrôle parlementaire pour obtenir des informations sur les critères de sélection, les bénéficiaires et la répartition des opportunités offertes dans le cadre des programmes de mobilité légale. »

Un plaidoyer porté jusqu’à la CEDEAO

En conclusion, le député a invité le gouvernement à cibler en priorité les zones les plus touchées par le phénomène afin qu’elles bénéficient pleinement des mécanismes d’État favorisant « une migration sûre, ordonnée et régulière ».

S’engageant à ne pas laisser ces témoignages lettre morte, il a réaffirmé sa volonté de porter la voix des habitants de Thiaroye-sur-Mer aussi bien devant l’Assemblée nationale du Sénégal que sur la scène régionale, devant le Parlement de la CEDEAO, pour bâtir des réponses enfin adaptées aux réalités du terrain.