Comment intégrer les questions migratoires dans les politiques d’équité sociale et territoriale ? C’est la question au cœur d’une réunion technique tenue récemment entre l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) et la Direction Générale du Développement Communautaire, de la Promotion de l’Équité et de la Protection de l’Enfant (DGDCPE), dans le cadre de l’élaboration de la Stratégie Nationale de l’Équité (SNE).
Un secteur migratoire aux multiples leviers
Loin d’être une thématique périphérique, la migration apparaît, à l’issue de ces échanges, comme un véritable levier de réduction des inégalités sociales et territoriales au Sénégal. Six axes de contribution ont été identifiés par les deux parties : la réintégration des migrants de retour, la protection des populations vulnérables, l’accès à l’identité légale, la mobilité humaine liée au changement climatique, l’appui à la diaspora, ainsi que la production et l’analyse de données migratoires.
Cette dernière dimension retient particulièrement l’attention. Alors que le Sénégal cherche à construire des politiques publiques mieux ciblées, la disponibilité de données fiables sur les mouvements migratoires qu’il s’agisse des retours, des départs ou des déplacements liés aux dérèglements climatiques devient un enjeu stratégique pour orienter l’action de l’État vers les territoires et les populations les plus exposés.
Coordination et co-construction : les mots d’ordre
Au-delà de l’identification de ces axes, la rencontre a surtout mis en évidence des besoins structurels : une meilleure coordination entre les différents acteurs impliqués, un renforcement du partage des données entre institutions, et le développement de projets co-construits, pensés directement au service des populations les plus vulnérables.
Cette insistance sur la coordination n’est pas anodine. Elle traduit une volonté de sortir d’une approche sectorielle et cloisonnée de la migration pour l’inscrire pleinement dans les politiques transversales de développement communautaire et d’équité, un enjeu d’autant plus sensible dans un pays où les dynamiques migratoires, internes comme internationales, redessinent en profondeur les équilibres territoriaux.
L’OIM réaffirme son engagement
À l’issue de la rencontre, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a réaffirmé sa disponibilité à accompagner les autorités sénégalaises dans la collecte, l’analyse et la valorisation des données migratoires. L’objectif affiché : contribuer à l’émergence d’une politique publique plus inclusive, fondée sur des données probantes plutôt que sur des approches uniquement descendantes.
Ce partenariat technique s’inscrit dans une dynamique plus large, où la donnée devient progressivement un outil central de gouvernance au Sénégal que ce soit pour anticiper les effets du changement climatique, mieux accompagner les migrants de retour, ou encore renforcer les liens entre l’État et sa diaspora. Reste à voir comment ces orientations techniques se traduiront concrètement dans la Stratégie Nationale de l’Équité, dont l’élaboration se poursuit.