
Dès son arrivée à la Maison-Blanche, Donald Trump a mis en œuvre sa politique anti-migration, martelée durant sa campagne présidentielle. Ainsi, le 45ème président des États-Unis et son administration ont expulsé des milliers de migrants du territoire américain. Il a promis la plus vaste opération d’expulsion de l’histoire du pays, visant un million de départs chaque année. Cette traque des migrants est mal perçue par les analystes, qui dénoncent une atteinte à la dignité humaine.
La question migratoire a toujours été un enjeu politique majeur auquel chaque gouvernement doit faire face en l’intégrant à sa politique. C’est sans doute ce que Trump s’efforce de faire, mais sa méthode est vivement contestée par les défenseurs des droits humains, qui dénoncent une violation de la dignité humaine. Le professeur Adjita AS, doyen de la faculté de droit de l’université de Lomé, exprime son indignation face au traitement réservé aux migrants : « Même si vous ne voulez pas d’une personne, vous lui devez un minimum de respect et de considération, dus à sa condition humaine », fustige-t-il, avant d’ajouter : « La personne humaine n’a pas de prix » et ne doit donc subir ni mépris ni traitement dégradant.
Les départs sont rarement volontaires et résultent souvent d’un manque de perspectives dans les pays d’origine, une réalité commune à bon nombre de pays. « Nous sommes tous des migrants », rappelle le professeur Adjita, qui plaide pour le respect de la personne humaine en toutes circonstances.
Investi à la Maison-Blanche le 20 janvier 2025, Trump a expulsé près de 37 000 migrants au cours du premier mois de son mandat, selon Reuters. Un chiffre qui ne cesse d’augmenter. Ces expulsions, souvent brutales, suscitent de nombreuses réactions. « Je me rendais au travail lorsque des agents de l’immigration m’ont arrêté et m’ont convoqué à leur bureau. Ils m’ont dit qu’avec le nouveau président, il fallait refaire les démarches administratives », témoigne Mario Montès, un expulsé haïtien à Euronews.
Bien qu’il n’existe pas de données précises sur les expulsions d’Haïtiens sous Trump, la pression sur cette communauté s’intensifie. Son administration a en effet réduit la durée du statut de protection temporaire accordé à environ 520 000 Haïtiens, les exposant à une expulsion imminente. « En tant que mère et fille de réfugié, cela me brise le cœur », se désole Michèle Turenne, avocate canadienne d’origine haïtienne, dont le père fut réfugié au Canada. Contrairement à ses prédécesseurs, Trump gouverne par décret plutôt que par des lois, déplore-t-elle, s’inquiétant du sort réservé à ces « personnes vulnérables », contraintes de retourner dans des conditions difficiles.
Des analystes estiment que la situation devient critique, car des individus installés de longue date, ayant bâti leur vie aux États-Unis, sont expulsés sans possibilité de se défendre. « Ce sujet mérite une réflexion approfondie », insiste Nagbe Komi Victorien, président du Conseil d’administration de la Clinique d’Expertise Juridique et Sociale (CEJUS), magistrat et substitut du procureur près du Tribunal de Grande Instance de Lomé.
Le droit du sol aux États-Unis, garanti par le 14e amendement de la Constitution, a été remis en cause par un décret signé par Trump dès le début de son mandat en 2025. Cette mesure visait à restreindre l’accès à la citoyenneté automatique pour les enfants nés aux États-Unis de parents non citoyens ou non-résidents permanents. Cependant, elle a rapidement été contestée en justice. Le magistrat appelle au respect des textes en se référant à la Déclaration universelle des droits de l’Homme, qui prime sur les constitutions nationales et les ambitions politiques. « Que la loi et le droit l’emportent », exige-t-il, qualifiant les décisions de Trump de « populistes ».
Autre mesure controversée : la suppression de la version espagnole du site de la Maison-Blanche. Cette décision a été perçue comme une extension de sa politique visant à restreindre l’accès à l’information pour les communautés hispaniques.
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