Ce lundi sous l’égide du nouveau Premier ministre, Al Amine Lô, le Sénégal a inauguré l’ère d’une toute nouvelle équipe gouvernementale. Mais avec ce grand réaménagement, certains postes ont tout simplement disparu. En ce qui concerne la plateforme Dialogue Migration, on pourrait citer celui du secrétariat d’État des Sénégalais de l’extérieur jusqu’ici occupé par Cherif Amadou Diouf et dresser par ricochet, un bilan succinct de son passage au département dédié à la diaspora
Une vision d’envergure pour un portefeuille stratégique
Appelé à diriger le Secrétariat d’État chargé des Sénégalais de l’Extérieur, Chérif Amadou Diouf a su transformer un poste initialement perçu par certains comme restreint en un levier majeur de l’action publique. Réfutant d’emblée la logique des honneurs protocolaires pour se concentrer sur l’efficacité sectorielle, le désormais ancien Secrétaire d’État aura consacré ses vingt-six mois de magistère à donner une envergure inédite à cette fonction. Porté par une trajectoire personnelle de retour au pays et une connaissance intime des réalités de l’émigration, il a érigé l’année 2026 comme le pivot d’une rupture qualitative dans la gestion des flux et des services dédiés aux compatriotes établis hors des frontières nationales.
La modernisation numérique et la sécurisation des services consulaires
Le grand chantier de cette gouvernance repose sur la transition numérique de l’administration des Sénégalais de l’extérieur. Sous son impulsion, le Secrétariat d’État a engagé une refonte globale des outils de gestion administrative, matérialisée par le lancement du projet e-Consulat. Cette digitalisation intégrale des services consulaires vise à rompre avec les lenteurs bureaucratiques et à simplifier l’accès aux documents administratifs pour les travailleurs et résidents à l’étranger. À cette modernisation technique s’ajoute l’introduction de nouvelles cartes consulaires mieux sécurisées et adaptées aux exigences contemporaines de mobilité.
Des réponses concrètes aux urgences sociales et mémorielles
Face aux préoccupations historiques et les plus douloureuses de la communauté expatriée, la gestion de Chérif Amadou Diouf a apporté des réponses structurelles attendues de longue date. Le déploiement du dispositif d’assurance pour le rapatriement de corps constitue une avancée sociale majeure, allégeant la détresse financière et logistique des familles lors des décès à l’étranger. Sur le plan de la reconnaissance symbolique et de l’ancrage institutionnel, l’inscription définitive de la Journée nationale de la Diaspora dans l’agenda républicain consacre désormais l’apport civique et culturel de la communauté émigrée à la vie de la nation.
L’investissement structurant et l’ancrage territorial
Le bilan économique du secrétariat d’État se caractérise par la mise en place de mécanismes financiers et fonciers visant à canaliser l’épargne de la diaspora vers le développement local. La conception du programme « Jariñ sa réew » et la création du Club des investisseurs de la diaspora s’inscrivent dans cette volonté de transformer le soutien financier familial en investissement productif durable. Parallèlement, le lancement des Cités de la diaspora, actuellement en cours d’érection, offre une réponse concrète au besoin d’accès à la propriété immobilière et à la sécurisation des projets de retour pour les Sénégalais de l’extérieur.
Un héritage de réformes pour l’avenir de la gouvernance migratoire
Au moment de clore ce chapitre gouvernemental, le Secrétariat d’État laisse un héritage solidement structuré, caractérisé par une feuille de route lisible et des réformes prêtes à l’emploi. Au-delà des instruments techniques et des projets immobiliers ou financiers, Chérif Amadou Diouf installe une nouvelle doctrine d’écoute et de proximité avec la diaspora. Cet ensemble d’outils modernes et de réformes structurantes est conçu pour pérenniser l’engagement des Sénégalais de l’extérieur dans l’effort de construction économique et sociale du pays.
Maintenant une question demeure, car Cherif Amadou Diouf n’a jusqu’ici pas été remplacé or le gouvernement est connu depuis ce lundi. Dans l’immédiat, le ministère de tutelle va certainement se charger de l’intérim en attendant qu’une direction, une agence, un organe, bref une formule quelconque soit trouvée pour s’acquitter pleinement des attentes des Sénégalais de l’extérieur.