En visite dans l’archipel espagnol des Canaries, l’une des principales routes d’accès à l’Europe pour les migrants en provenance d’Afrique, le pape Léon XIV a renouvelé son engagement en faveur des personnes en déplacement. Au terme de son séjour en Espagne, le souverain pontife a multiplié les appels à l’accueil, à l’intégration et à la solidarité, dans un contexte marqué par le durcissement des politiques migratoires sur le continent européen.
Lors d’une rencontre avec des migrants accueillis dans un centre de Tenerife, le chef de l’Église catholique a rappelé que la mobilité humaine est une réalité universelle. « Nous sommes tous, d’une certaine manière, des migrants », a-t-il déclaré, soulignant que l’expérience de l’exil, du déplacement ou de la recherche d’un avenir meilleur traverse l’histoire des peuples.
S’inscrivant dans la continuité des prises de position de son prédécesseur, le pape François, Léon XIV a défendu une vision de l’intégration fondée sur la réciprocité. Selon lui, l’inclusion des migrants implique des efforts partagés entre les nouveaux arrivants et les sociétés qui les accueillent. Il a ainsi encouragé les migrants à apprendre la langue du pays d’accueil, à respecter ses lois et à se familiariser avec ses traditions, tout en préservant leur identité et leur histoire personnelle.
Un appel à l’Europe face aux drames migratoires
La veille, sur le port d’Arguineguín, dans l’île de Grande Canarie, lieu devenu emblématique de la crise migratoire dans l’archipel, le pape avait déjà dénoncé l’inaction et l’indifférence de la communauté internationale face aux souffrances des personnes migrantes. Ce site avait notamment attiré l’attention pendant la pandémie de Covid-19, lorsque plusieurs milliers de migrants y avaient été regroupés dans des conditions précaires.
Dans un geste hautement symbolique, Léon XIV a rendu hommage aux milliers de femmes, d’hommes et d’enfants disparus sur la route atlantique en jetant un bouquet de fleurs dans l’océan. Cette traversée, considérée comme l’une des plus dangereuses au monde, continue de faire de nombreuses victimes chaque année.
Face à la mer, le souverain pontife a exhorté les États d’origine à mettre en œuvre des politiques capables de garantir des conditions de vie dignes à leurs populations afin que l’émigration ne soit plus une nécessité. Dans le même temps, il a lancé un message aux responsables européens, les invitant à ne pas détourner le regard des tragédies qui se jouent aux frontières du continent.
« La dignité humaine n’a pas de passeport et ne perd pas de sa valeur lorsqu’elle franchit une frontière », a-t-il affirmé, rappelant que la protection des droits fondamentaux doit demeurer au cœur des politiques migratoires. Le pape a également estimé que l’Europe ne pouvait se réclamer des principes de dignité humaine tout en s’habituant à voir la Méditerranée et l’Atlantique devenir des lieux de disparition pour des milliers de personnes en quête de sécurité ou d’opportunités.