L’actualité migratoire récente met en lumière des dynamiques contrastées entre régulation, coopération et contrôle. Au Sénégal, la migration circulaire vers l’Espagne se structure autour de nouveaux recrutements, tandis que le Mali renforce son cadre juridique et sa présence dans les négociations internationales. Le Tchad s’intéresse aux liens entre climat et mobilité, alors que le Maroc intensifie la lutte contre les départs irréguliers. En République démocratique du Congo, un accord avec les États-Unis sur les expulsions interroge, pendant qu’à Cuba, une réforme ouvre l’économie à sa diaspora.

Au Sénégal, les autorités ont lancé une nouvelle phase du programme de migration circulaire vers l’Espagne. Selon le ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, les auditions des candidats ont débuté le 7 avril à Dakar, après une présélection issue d’un appel à candidatures organisé en mars. Ce dispositif permet à des travailleurs sénégalais d’effectuer des séjours temporaires dans le secteur agricole espagnol, notamment pour des activités de cueillette et de conditionnement. Présenté comme une alternative à l’émigration irrégulière, ce programme s’inscrit dans une logique de mobilité encadrée et de coopération bilatérale.

Au Mali voisin, les autorités renforcent leur arsenal juridique face aux réseaux de traite et de trafic de migrants. Réuni au palais de Koulouba, le gouvernement a adopté de nouveaux projets de loi visant à corriger les insuffisances des dispositifs existants et à mieux aligner la législation nationale sur les engagements internationaux. Cette réforme intervient dans un contexte marqué par la persistance de ces phénomènes dans la région. Parallèlement, Bamako poursuit son engagement sur la scène internationale. Le ministre des Maliens de l’extérieur, Mossa Ag Attaher, a pris part en début avril au Caire, à une réunion ministérielle consacrée à la mise en œuvre du Pacte mondial pour les migrations. Cette rencontre visait à harmoniser les positions africaines en amont du Forum d’examen prévu à New York, avec un accent sur la protection des migrants et la promotion de voies régulières.

Au Tchad, la question migratoire s’invite dans le champ médiatique et environnemental. À N’Djaména, un atelier de formation organisé par l’Union des Journalistes Tchadiens en partenariat avec l’Organisation internationale pour les migrations a réuni des professionnels des médias autour du thème de la migration climatique. L’initiative vise à renforcer la compréhension des liens entre changements climatiques et mobilité humaine, dans un contexte où ces dynamiques restent encore peu couvertes dans le traitement médiatique.

Plus au nord, le Maroc met en avant ses efforts en matière de contrôle des flux migratoires. Selon le ministère de l’Intérieur, plus de 73 000 tentatives d’émigration irrégulière ont été avortées en 2025, avec le démantèlement de plus de 300 réseaux de trafic. Ces données illustrent une pression migratoire persistante dans un environnement régional instable, ainsi qu’une adaptation constante des réseaux, qui diversifient leurs méthodes.

En Afrique centrale, la République démocratique du Congo se retrouve au cœur d’un dispositif migratoire inédit. Une quinzaine de migrants expulsés des États-Unis ont été transférés à Kinshasa dans le cadre d’un accord bilatéral. Les autorités congolaises évoquent un mécanisme d’accueil temporaire pour des ressortissants de pays tiers. Cet arrangement s’inscrit dans un contexte de coopération élargie entre les deux pays, notamment dans les domaines sanitaire et économique, soulevant des interrogations sur l’externalisation des politiques migratoires.

Enfin hors du continent africain, à Cuba, une réforme migratoire ouvre de nouvelles perspectives pour la diaspora. Un décret adopté le 16 avril permet désormais aux Cubains vivant à l’étranger d’investir directement dans l’économie nationale. Cette mesure vise à mobiliser les ressources de la diaspora pour soutenir une économie en difficulté, traduisant une évolution du rapport entre migration et développement.

Dans cet ensemble, la migration apparaît à la fois comme un enjeu de contrôle, de coopération et d’opportunité économique, révélant des stratégies nationales qui oscillent entre encadrement des mobilités et valorisation de la diaspora.