Quatre-vingt-cinq ressortissants sénégalais en situation de détresse en Libye ont regagné leur pays, le Sénégal, le 21 juillet 2026, dans le cadre du programme de retour volontaire de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Accueillis à leur arrivée avec une assistance médicale, psychosociale et financière, ils entament désormais une nouvelle étape : celle de leur réintégration, alors que la Libye demeure l’un des principaux foyers de vulnérabilité pour les migrants en route vers l’Europe.

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a accueilli, le 21 juillet, 85 ressortissants sénégalais rapatriés de Libye dans le cadre de son programme de retour volontaire et de réintégration. Cette opération humanitaire, conduite avec l’appui du Gouvernement du Sénégal et le soutien de l’Union européenne, marque une nouvelle étape dans les efforts visant à protéger les migrants en situation de détresse sur la route migratoire de la Méditerranée. Les bénéficiaires, majoritairement de jeunes Sénégalais, ont regagné leur pays après plusieurs mois, voire plusieurs années, passés dans des conditions particulièrement difficiles en Libye. Beaucoup avaient été confrontés à la détention, aux violences, à l’exploitation ou aux réseaux de traite qui sévissent sur l’un des principaux axes de migration vers l’Europe.

À leur arrivée à l’aéroport international Blaise Diagne (AIBD), les équipes de l’OIM ont assuré leur prise en charge immédiate. Les migrants ont bénéficié d’une assistance humanitaire comprenant des examens médicaux, un accompagnement psychosocial, un hébergement temporaire, un kit de produits alimentaires ainsi qu’une aide financière destinée à faciliter leur retour dans leurs localités d’origine. Cette assistance s’inscrit dans le programme de retour volontaire et de réintégration mis en œuvre par l’OIM, qui vise à garantir un retour sûr, digne et humain aux migrants souhaitant quitter les pays de transit où ils se trouvent en situation de vulnérabilité.

La Libye, principal point de transit vers l’Europe

La Libye demeure l’un des principaux pays de transit pour les migrants qui tentent de rejoindre les côtes européennes. Selon les estimations de l’OIM, plus de 800 000 migrants se trouvaient sur le territoire libyen en 2025. La fermeture de plusieurs routes migratoires, le renforcement des contrôles aux frontières et les accords conclus entre l’Union européenne et les autorités libyennes ont contribué à maintenir des milliers de migrants dans un contexte marqué par l’insécurité. De nombreuses organisations internationales documentent régulièrement les violations des droits humains auxquelles sont confrontés les migrants : détentions arbitraires, violences, extorsions, travail forcé et exploitation. Les ressortissants sénégalais figurent parmi les nationalités régulièrement concernées par ces opérations de retour volontaire organisées par l’OIM.

Un accompagnement au-delà du rapatriement

Au-delà de l’assistance d’urgence, le programme de l’OIM prévoit également un accompagnement vers la réintégration socio-économique des migrants de retour. En partenariat avec les autorités sénégalaises et grâce au soutien de l’Union européenne, l’organisation met en place des dispositifs destinés à favoriser leur réinsertion à travers un appui économique, une orientation professionnelle et un accompagnement psychosocial. L’objectif est double : permettre aux bénéficiaires de reconstruire leur projet de vie dans leur pays d’origine et réduire les facteurs qui alimentent la migration irrégulière.

Depuis plusieurs années, plusieurs milliers de Sénégalais ont ainsi pu rentrer volontairement grâce aux programmes de l’OIM, illustrant la nécessité de renforcer les mécanismes de protection des migrants tout en développant des alternatives économiques et sociales susceptibles de limiter les départs contraints. Ce nouveau rapatriement rappelle les risques persistants auxquels sont confrontés les migrants empruntant la route libyenne. Il souligne également l’importance de poursuivre les actions de protection, d’assistance et de réintégration afin que le retour constitue non seulement la fin d’un parcours marqué par les violences, mais aussi le début d’une nouvelle perspective de vie.