
Ces dernières semaines, la Mauritanie a procédé à des expulsions de personnes étrangères présentes sur son territoire, selon plusieurs organisations de la société civile. Pays de transit sur les routes migratoires vers l’Afrique du Nord et l’Europe, le pays fait face à des critiques croissantes sur sa gestion des migrations.
Selon le site d’information centrafricain CNC, plus de 1 000 réfugiés auraient été expulsés de Mauritanie vers le Mali et le Sénégal, parmi lesquels sept ressortissants centrafricains. Le média alerte sur la dégradation de la situation des réfugiés et des demandeurs d’asile dans le pays, rappelant que la Convention de Genève de 1951 interdit le refoulement de personnes vers un État où leur vie ou leur liberté seraient menacées. La Mauritanie est signataire de cette convention.
Makaila N’guebla, journaliste, défenseur des droits humains, altermondialiste et ancien Conseiller aux droits humains du président Mahamat Idriss Deby Itno du Tchad (2021-2024), réfugié politique en France, dénonce ces pratiques habituelles contraires aux engagements internationaux en matière de protection des réfugiés et droits des migrants. « Les autorités mauritaniennes sont coutumières de ces cas d’expulsions des migrants et réfugiés», fustige-t-il.
Au premier semestre 2025, plus de 28 000 personnes ont été expulsées vers les frontières malienne et sénégalaise, souvent sans procédure légale, exposant réfugiés et demandeurs d’asile à des risques sécuritaires graves. Human Rights Watch met en lumière des expulsions collectives interdites par le droit international, même pour des personnes ayant un statut légal, avec une intensification début 2025 sous pression européenne.
Contexte régional et critiques
MALI ACTU, citant une source gouvernementale malienne, indique qu’au moins 528 ressortissants maliens ont été reconduits à Gogui, localité frontalière. Human Rights Watch, en août 2025, décrit des années d’expulsions massives sans due procédure vers les frontières malienne et sénégalaise. Le Comité des droits des migrants de l’ONU, en décembre 2025, signale des confiscations de biens lors de ces opérations.
Makaila N’guebla regrette l’absence de justifications pour ces expulsions manu militari contre des migrants fuyant misère, guerres, conflits armés ou catastrophes climatiques. Ces pratiques révèlent un malaise profond lié à l’intégration africaine, à la libre circulation des personnes et des biens, et remettent en cause la charte de l’Union africaine sur la migration.