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[Revue de presse] Entre politiques de fermeture, initiatives d’inclusion et récits culturels
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[Revue de presse] Entre politiques de fermeture, initiatives d’inclusion et récits culturels
Tamaltan Inès Sikngaye🇹🇩
Tamaltan Inès Sikngaye🇹🇩
January 17, 2026

De Ziguinchor à Agadir, du Ouaddaï à Tripoli, de New York à Washington, l’actualité migratoire de ce mois révèle des dynamiques contrastées, oscillant entre politiques d’insertion, initiatives culturelles et sportives, pressions humanitaires persistantes et durcissement marqué des politiques migratoires dans certaines régions du monde.

Au Sénégal, la région de Ziguinchor se distingue par une approche préventive face à la migration irrégulière. L’Agence sénégalaise de presse rapporte l’élaboration en cours du plan d’action opérationnel 2025-2029 du Comité régional de lutte contre la migration irrégulière. Axé sur l’insertion socio-économique durable des jeunes, ce document stratégique entend proposer des alternatives concrètes à l’exil à travers la formation, l’emploi et l’accompagnement à l’entrepreneuriat. 

Plus à l’est, au Tchad, cent juristes réfugiés soudanais ont achevé une formation intensive de six mois sur le système judiciaire tchadien, les lois et les pratiques du droit en vigueur. Porté par l’Ordre des avocats du Tchad en partenariat avec le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, ce programme vise à favoriser leur insertion socio-économique au sein des cabinets d’avocats, des entreprises ou dans l’exercice libéral, illustrant le potentiel de contribution des réfugiés aux systèmes nationaux d’accueil.

Dans le même temps, à New Delhi, l’Ambassade de la République du Tchad en Inde a publié un communiqué appelant à la responsabilité des ressortissants tchadiens résidant sur le territoire indien. Les autorités diplomatiques font état d’une multiplication récente de plaintes et de sollicitations liées à des situations de séjour irrégulier ou de non-respect de la législation indienne sur l’immigration

Sur la scène internationale, Genève a été le théâtre d’une annonce conjointe de l’Organisation internationale pour les migrations et du Maroc, qui ont lancé un Groupe d’amis sur le sport et la migration. Cette nouvelle plateforme mondiale entend renforcer l’inclusion sociale, l’autonomisation des migrants et la coopération entre États en s’appuyant sur le sport comme levier d’intégration. Inspirée par les principes du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières adopté à Marrakech en 2018, l’initiative ambitionne d’intégrer durablement le sport aux politiques publiques d’inclusion communautaire.

La Libye demeure quant à elle au cœur des préoccupations migratoires régionales. Le ministre libyen de l’Intérieur par intérim a estimé à 7,2 milliards de dollars par an, le coût de la gestion de près de trois millions de migrants présents sur le territoire. Selon les autorités, cette pression migratoire pèserait lourdement sur les finances publiques, l’emploi des jeunes libyens ainsi que sur les ressources énergétiques du pays, dans un contexte politique fragilisé par la fragmentation institutionnelle. Parallèlement, l’OIM a réaffirmé à Tripoli sa disponibilité à poursuivre son appui technique et logistique à la Libye, plaidant pour une approche coordonnée intégrant les dimensions humanitaire, sécuritaire et institutionnelle de la gestion des migrations.

Sur le registre culturel, Agadir a accueilli la vingt-et-unième édition du Festival international Cinéma et Migrations. Cette manifestation a proposé une sélection de longs et courts métrages consacrés aux parcours migratoires, aux ruptures et aux espoirs qu’ils suscitent. Le festival s’impose une nouvelle fois comme un espace de réflexion et de narration alternative, donnant à voir la migration à travers des regards artistiques souvent absents des discours politiques dominants.

Aux États-Unis, l’actualité migratoire est marquée par une série de décisions restrictives. À New York, le pape Léon XIV a nommé Mgr Ronald Hicks, un évêque reconnu pour son engagement en faveur des droits des migrants, à la tête de l’archidiocèse, en remplacement du cardinal Timothy Dolan. Une nomination symbolique dans un contexte national tendu, alors que l’administration Trump a étendu son « travel ban » à sept nouveaux pays, principalement africains, ainsi qu’aux ressortissants palestiniens, invoquant des impératifs de sécurité nationale.

Dans la même dynamique, Washington a mis fin au statut de protection temporaire accordé aux ressortissants éthiopiens, privant près de cinq mille personnes de leur statut légal et leur imposant un délai de soixante jours pour quitter le territoire américain. Cette décision intervient malgré la persistance de tensions dans certaines régions d’Éthiopie et s’inscrit dans une politique migratoire de plus en plus répressive depuis le début du second mandat de Donald Trump.

À travers ces différents faits, l’actualité migratoire met en évidence des approches profondément divergentes, entre stratégies d’insertion, initiatives de coopération, expressions culturelles et politiques de fermeture. Une diversité de réponses qui rappelle combien la migration demeure un enjeu global, structurant et hautement politique, au cœur des débats contemporains.


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