Cotonou est l’une des destinations de l’oignon, l’Or rouge du Niger et du bétail en provenance des pays du Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger). La fluctuation du coût de ces produits en provenance des pays du Sahel se remarque dans le commerce au Bénin en fonction des saisons. « Actuellement il n’y a pas l’oignon du Niger, c’est pourquoi c’est cher. C’est l’oignon du Bénin qui est sur le marché, la taille et le coût en disent long », dit Béatrice Adjakpa, une productrice d’oignons à Grand-Popo au sud du Bénin. Sur les étales de vente de condiments, la réalité est également palpable.
Situation similaire avec le coût du bétail vendu à Cotonou en provenance des pays du Sahel.
La mobilité dans la sous-région ouest-africaine, notamment entre le Bénin et les pays du Sahel, est au cœur d’une dynamique sociale. Elle permet d’assurer une chaîne de valeur économique et de production agricole qui maintient un équilibre et une interdépendance entre les communautés des deux pays.
« Si on prend le cas du Niger et du Bénin, la fermeture des frontières impacte fortement sur les activités des populations, y compris les activités agricoles obligeant à passer par des voies détournées qui peuvent être aussi des sources où les gens sont exploités. Parce qu’il faut payer certains frais pour accéder à d’autres véhicules ou même la marchandise qu’on transporte », dit à Dialogue Migration, Jérôme Wagou, fonctionnaire de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), au sujet du lien d’interconnexion.
Il indique que les « communautés sont séparées par des frontières imaginaires et vivent de part et d’autre ». Car, certains peuvent avoir leur champ dans un pays et habiter le pays voisin ; ou avoir leurs parents de l’autre côté de la frontière. Les voies de contournement des frontières officielles font que cette réalité n’est pas toujours évaluée, mais relève d’une réalité sociologique.