
On utilise souvent les termes réfugiés forcés, réfugiés volontaires et déplacés internes dans le langage courant. Les experts maîtrisent leurs définitions, caractéristiques et particularités, mais cela reste obscur pour beaucoup de gens. Cette fiche vise à clarifier ces concepts afin d’améliorer leur compréhension.
Réfugiés
Qui est réfugié ? Cette interrogation invite à explorer la définition sous divers angles. La définition de base et universelle du réfugié, valable pour tous les États, figure à l’article 1 (A) (2) de la Convention de 1951, modifiée par son Protocole de 1967, qui le décrit comme : « En raison de la crainte bien établie d’être persécuté pour des raisons de race, religion, nationalité, appartenance à un groupe social particulier ou pour des raisons d’opinion politique, se trouve hors du pays dont il est citoyen ou qui, en raison d’une telle crainte, évite de se prévaloir de la protection de ce pays ; ou encore qui, étant apatride et se trouvant hors du pays de sa résidence habituelle, antérieure, ne peut pas y retourner ou qui, en raison de ses appréhensions, ne souhaite pas le faire », précise UNHCR.
En Afrique, la Convention de l’Organisation de l’Union Africaine (OUA) (devenue UA, Union Africaine ) de 1969 étend cette définition à « toute personne qui, du fait d’une agression, d’une occupation extérieure, d’une domination étrangère ou d’événements troublant gravement l’ordre public dans une partie ou dans la totalité de son pays d’origine ou du pays dont elle a la nationalité, est obligée de quitter sa résidence habituelle pour chercher refuge dans un autre endroit à l’extérieur de son pays d’origine ou du pays dont elle a la nationalité » (article 1.2 de la Convention de l’OUA).
Les réfugiés forcés
La notion de « réfugiés forcés » reste proche des définitions universelle et africaine. D’après Wikipédia, elle désigne des individus contraints d’abandonner leur pays en raison de persécutions, violences, conflits armés ou graves violations des droits humains, sans choix volontaire. Ils franchissent des frontières internationales pour obtenir une protection dans un autre État, refusant ou incapable de rentrer par peur pour leur vie ou liberté.
D’après l’Organisation des Nations Unies (ONU), les réfugiés forcés jouissent de droits et protections particulières sous le droit international (non-refoulement, accès à l’asile…). La même référence note que ce statut reconnu assure une protection juridique et sociale dédiée dans le pays hôte.
Wikipédia indique qu’il s’agit d’un déplacement involontaire, la fuite résultant d’une nécessité face à des menaces sérieuses plutôt que d’un choix libre.
Les réfugiés volontaires
« Réfugié volontaire » ne constitue pas une catégorie juridique officielle en droit international, contrairement à « réfugié » de la Convention de 1951. Néanmoins, Sage Journals l’emploie dans des contextes opérationnels ou humanitaires pour qualifier des personnes quittant leur pays par décision personnelle, motivée par des facteurs économiques, familiaux ou meilleures perspectives, sans menace immédiate à leur vie ou sécurité, bien qu’approchant parfois les situations des réfugiés forcés. Il convient toutefois de la séparer de la migration volontaire non imposée par persécutions directes.
Sage Journals insiste sur le caractère essentiellement volontaire, la personne migrant pour booster sa vie ou motifs personnels/socio-économiques. Cette idée chevauche migrants économiques ou migrations mixtes, qui n’obtiennent pas le statut de réfugié ni protections internationales des déplacés forcés. Souvent, ces réfugiés volontaires relèvent juridiquement des migrants volontaires ou économiques, non des réfugiés.
University of Manchester nuance en soulignant que la frontière volontaire/forcé s’avère poreuse, des pressions indirectes (économiques, climatiques, sociales) rendant parfois le choix imparfaitement libre.
Quel que soit le classement, un élément clé persiste : ils ont traversé une frontière internationale, passant de leur pays d’origine à un pays d’accueil.
Les déplacés internes
Le Haut-Commissariat des Nations Unies (UNHCR) définit le déplacé interne (Internal Displaced Person — IDP ou PDI en français) comme une personne ou groupe forcé de quitter foyer ou résidence habituelle, notamment par conflits, violences, violations des droits humains ou catastrophes naturelles/artificielles, sans franchir frontière internationale. L’UNHCR distingue réfugiés et déplacés internes : ces derniers fuient contraints (déplacement subi, non volontaire) mais restent dans leur pays, sous juridiction nationale. Ils relèvent des Principes directeurs sur le déplacement interne, droit humanitaire et droits humains.
Résumé comparatif des trois notions
| Notion | Base du déplacement | Frontière | Statut juridique | Protection |
| Réfugiés forcés | Involontaire (crime, persécution…) | Oui | Statut de réfugiés | Droit international, Convention de 1951 |
| Réfugiés volontaires | Volontaire (économique, social) | Oui | Pas de statut de réfugiés, par défaut | Protégés comme migrants |
| Déplacés internes | Forcé (violence, catastrophe) | Non | Pas de statut de réfugiés | Protégés sur base nationale et principes directeurs |
Source : Tableau réalisé à partir des informations mentionnées sur la fiche
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