En juin 2026, la migration irrégulière demeure au cœur de l’actualité. Entre baisse des départs vers les îles Canaries, opérations de sauvetage en mer, initiatives de sensibilisation des jeunes et durcissement des politiques migratoires en Europe et aux États-Unis, plusieurs pays ont multiplié les actions pour répondre aux défis liés à la mobilité humaine et à la gestion des flux migratoires.
Au Sénégal, les chiffres du Centre de collecte et d’analyse des données sur la migration (CCADM), et du Comité interministériel de lutte contre la migration irrégulière (CILMI) font état d’une baisse significative des arrivées de migrants sénégalais aux îles Canaries en 2025. Selon le secrétaire permanent du CILMI, Modou Diagne, le nombre de ressortissants sénégalais ayant atteint l’archipel espagnol est passé de 9 554 en 2024 à 4 918 en 2025. Cette diminution des flux s’est accompagnée d’une baisse importante de la mortalité sur les routes migratoires, avec 3 090 décès recensés contre 10 457 l’année précédente.
Au Tchad, l’association United Youth a lancé le 6 juin à l’Office national des médias et l’audiovisuel (ONAMA), un ciné-forum consacré aux dangers de la migration irrégulière. Placée sous le thème « Migration irrégulière : entre espoir d’une meilleure vie et risques du parcours », cette activité vise à informer les jeunes sur les conséquences de l’exil irrégulier tout en valorisant l’entrepreneuriat et l’auto-emploi comme alternatives durables.
En Mauritanie, les garde-côtes ont annoncé le sauvetage de 110 migrants au large de Nouakchott. Partie de Banjul, en Gambie, l’embarcation tentait de rejoindre les îles Canaries lorsqu’elle a subi une panne de moteur en pleine mer. Selon les autorités, l’opération de secours, menée à une quinzaine de kilomètres des côtes mauritaniennes, a duré près de huit heures et a permis de mettre l’ensemble des passagers en sécurité.
En Côte d’Ivoire, l’auteure, animatrice et conférencière Claude Andréa Bonny a procédé le 13 juin à la dédicace de son ouvrage autobiographique intitulé « Celle qui ne savait pas où aller ». À travers ce récit personnel, l’écrivaine revient sur son parcours migratoire et partage les enseignements tirés de son expérience. L’ouvrage met en avant les notions de résilience, de foi et d’adaptation culturelle, tout en se présentant comme un guide destiné aux immigrants francophones confrontés à des périodes de transition.
En Gambie, les autorités ont accueilli 150 ressortissants rapatriés de la Libye dans le cadre du programme de retour volontaire assisté et de réintégration mis en œuvre par l’Organisation internationale pour les migrations. Réalisée en collaboration avec le Département de l’immigration gambien, cette opération vise à garantir un retour sûr et digne aux migrants en situation de vulnérabilité tout en facilitant leur réinsertion socioéconomique au sein de leurs communautés d’origine.
En Libye, au moins 20 corps de migrants ont été retrouvés entre les 14 et 15 juin au large du pays. 18 dépouilles ont été découvertes dans l’ouest de la Libye, tandis que deux autres ont été retrouvées près de Tobrouk, dans l’est. 15 corps ont notamment été récupérés à proximité de la ville d’Al-Khums avant d’être pris en charge par les services du ministère de la Santé pour leur inhumation.
En Afrique du Sud, le président Cyril Ramaphosa a appelé les citoyens à soutenir les efforts de lutte contre l’immigration irrégulière dans le respect de la loi et des droits humains. Lors d’une allocution à la nation prononcée le 7 juin, le chef de l’État a reconnu les inquiétudes liées aux conséquences de l’immigration irrégulière sur les services publics, l’emploi et la sécurité. Il a toutefois mis en garde contre les discours xénophobes, les violences et les campagnes de désinformation visant les ressortissants étrangers.
Aux États-Unis, l’administration Trump a annoncé le démantèlement de réseaux facilitant les voyages de femmes enceintes souhaitant accoucher sur le territoire américain afin que leurs enfants bénéficient de la nationalité américaine. Le département d’État a indiqué avoir révoqué 600 visas à travers le monde, dont 100 en Afrique de l’Ouest et 100 en Afrique du Nord. Cette mesure s’inscrit dans une politique plus large de renforcement des contrôles migratoires et de restriction de l’octroi des visas à plusieurs pays.
Du côté de l’Europe, le Pacte sur la migration et l’asile est entré en application le 12 juin après plusieurs années de négociations entre les États membres de l’Union européenne. Cette réforme d’envergure prévoit un renforcement des contrôles aux frontières extérieures, une harmonisation des procédures d’asile et un mécanisme de solidarité destiné à répartir l’accueil des demandeurs d’asile entre les États membres. D’ici la fin de l’année, 21 000 demandeurs d’asile devront être relocalisés au sein de l’Union européenne. Les pays refusant de participer à cet effort devront contribuer à un fonds de solidarité à hauteur de 20 000 euros par personne non accueillie.
En Allemagne, les autorités ont inauguré un nouveau centre dédié aux procédures d’asile à l’aéroport de Berlin-Brandebourg afin de mettre en œuvre les nouvelles dispositions européennes. Cette structure est chargée de traiter les demandes d’asile déposées dès l’arrivée des migrants sur le territoire allemand. Deux centres similaires sont déjà opérationnels dans les aéroports de Francfort et de Munich, tandis que d’autres ouvertures sont envisagées dans plusieurs villes du pays.
En Suède, le Parlement a adopté le 15 juin une loi controversée obligeant une partie des employés du secteur public à signaler à la police les personnes en situation irrégulière. Les enseignants, les médecins et les travailleurs sociaux ont toutefois été exemptés de cette mesure. Les députés ont également approuvé un texte prévoyant le retrait de certaines protections accordées aux étrangers en cas de non-respect des critères de bonne conduite établis par les autorités. Cette réforme a suscité d’importants débats au sein de la société suédoise et des organisations de défense des droits humains.