Mais cette célébration de la migration comme moteur de développement contraste avec un constat beaucoup plus sombre dressé par l’Organisation Internationale de Défense, d’Orientation et d’Intégration des Migrants, Horizons sans Frontières. Lors d’une conférence de presse tenue le même jour, son président Boubacar Sy a révélé que 29 Sénégalais ont été assassinés ou retrouvés morts dans la diaspora en 2025, soit près de trois morts par mois. Un chiffre alarmant qui pose la question de la protection des migrants sénégalais à l’étranger.
Plus inquiétant encore, l’émergence d’un phénomène nouveau : des crimes commis par des Sénégalais contre leurs propres compatriotes dans les pays d’accueil. « Aujourd’hui, nous nous tuons entre nous à l’étranger. Cela pose un véritable problème », a-t-il dénoncé. Face à ces drames souvent restés sans suite judiciaire, Boubacar Sy appelle l’État du Sénégal à se constituer systématiquement partie civile afin de garantir l’ouverture d’enquêtes et de soulager les familles endeuillées. Pour lui, il est urgent de bâtir une politique migratoire réellement axée sur la protection des citoyens sénégalais à l’extérieur.
La Journée internationale des migrants rappelle ainsi une vérité fondamentale : chaque migrant porte une histoire de résilience, de courage et de possibilités. Mais pour que ces histoires individuelles s’inscrivent dans une grande histoire collective porteuse de développement et de justice sociale, les engagements doivent dépasser les symboles. Comme le souligne le thème de 2025, « Ma grande histoire » n’est pas seulement celle des migrants. C’est aussi celle des États, des institutions et des sociétés qui choisissent ou non de faire de la migration un vecteur d’avenir plus juste, plus humain et plus durable.