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« La mobilité est un droit » : la société civile sénégalaise exige la réciprocité des visas
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« La mobilité est un droit » : la société civile sénégalaise exige la réciprocité des visas
Ndiémé Faye 🇸🇳
Ndiémé Faye 🇸🇳
January 17, 2026

Les organisations sénégalaises de défense des droits des migrants ont élevé la voix pour dénoncer les difficultés persistantes auxquelles font face les citoyens sénégalais dans l’obtention de visas. Une mobilisation citoyenne qui s’inscrit dans un contexte marqué par un durcissement des procédures migratoires, jugées longues, opaques, coûteuses et souvent attentatoires à la dignité humaine.

Dakar a vibré, le dimanche 14 décembre 2025, au rythme des pas des défenseurs des droits des migrants. Dans le cadre d’une campagne de plaidoyer pour une réforme des procédures de visa, plusieurs organisations de la société civile ont organisé une grande randonnée pédestre placée sous le thème : « Pour la réciprocité dans la délivrance des visas ».

Partis du Centre de Bopp, les randonneurs ont sillonné un itinéraire à travers le Rond-point Colobane, la Corniche HLM, Keur Serigne Bi, le Cours Madieye Sall et le marché HLM, avant de boucler la marche à leur point de départ. Tout au long du parcours, messages de sensibilisation, banderoles et slogans ont dénoncé ce que les organisateurs qualifient de procédures de visa « longues, opaques, inhumaines et excessivement coûteuses ».

À l’arrivée, les organisations de défense des droits des migrants ont rendu publique une déclaration commune. Réunies à Dakar, elles ont exprimé leur « profonde préoccupation » face aux difficultés rencontrées par les citoyens sénégalais désireux de voyager à l’étranger pour des raisons professionnelles, familiales, académiques, sanitaires ou touristiques. « Alors que le Sénégal, pays de la Téranga, accueille chaque année des centaines de milliers de ressortissants étrangers dans un esprit d’ouverture et de fraternité, nos concitoyens continuent de subir des traitements injustes dans les procédures de demande de visa », fustige le collectif des organisations de la société civile pour une réforme sur les procédures de visas, dans sa déclaration face à la presse. 

Ces organisations rappellent avoir initié, il y a un an, un dialogue avec certaines représentations diplomatiques, notamment européennes, dans l’espoir d’humaniser et de réduire les coûts des procédures d’octroi de visas. Si des avancées sont saluées du côté de pays africains comme le Kenya et la Namibie, qui ont levé l’obligation de visa pour les Sénégalais, elles regrettent l’absence de progrès significatifs au niveau européen. Estimant que la question des visas constitue un enjeu majeur des relations diplomatiques, les organisations appellent les autorités sénégalaises à s’impliquer davantage dans le débat et à envisager l’instauration du principe de réciprocité avec tout État qui restreint l’accès des ressortissants sénégalais à son territoire.

Parmi leurs recommandations figurent le renforcement des services consulaires, le suivi et la documentation systématiques des cas d’abus ou d’injustice dans la délivrance des visas, ainsi que la garantie de la sécurité juridique et administrative des Sénégalais vivant ou séjournant à l’étranger. Déterminées à poursuivre leur combat, les organisations de la société civile affirment leur engagement à documenter les violations des droits des migrants, à accompagner les victimes et à sensibiliser l’opinion publique. Pour elles, la mobilité internationale ne doit plus être un privilège réservé à quelques-uns, mais un droit humain fondamental que les États ont le devoir de reconnaître et de protéger.


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