En Flandre, les demandes de bourses d’études ont augmenté de 9 % au cours de l’année académique 2025-2026, pour atteindre environ 137 100 dossiers. Alors que plus de la moitié des demandes ont été approuvées, cette évolution met en lumière le rôle des aides financières dans l’accès à l’enseignement supérieur. Pour les jeunes Africains qui envisagent de poursuivre leurs études à l’étranger, la question du financement constitue également un enjeu déterminant, même si les chiffres flamands ne permettent pas, à eux seuls, de mesurer leurs possibilités de mobilité.
Poursuivre des études à l’étranger représente pour de nombreux jeunes une perspective de formation, de spécialisation et d’insertion professionnelle. Mais derrière ce projet se trouve une réalité souvent déterminante : le coût des études et les moyens financiers nécessaires pour vivre dans le pays d’accueil.
Les chiffres publiés par Statistics Flanders, relayés le 16 octobre par VRT NWS et l’agence Belga, illustrent l’importance des mécanismes de soutien financier dans l’enseignement supérieur en Flandre, la région néerlandophone de Belgique. Pour l’année académique 2025-2026, environ 137 100 demandes de bourses d’études ont été déposées, soit une augmentation de 9 % par rapport à l’année précédente.
Sur l’ensemble des demandes, 54 % ont été approuvées. Près de 40 % ont été rejetées, tandis que 7 % étaient encore en cours d’examen au moment de la publication des chiffres. Le gouvernement flamand a consacré 159 millions d’euros à ces aides au cours de l’année académique concernée.
Ces données ne renseignent pas directement sur les étudiants étrangers ou africains. Elles permettent néanmoins d’aborder une question essentielle pour comprendre les mobilités étudiantes : dans quelle mesure les ressources financières conditionnent-elles l’accès à une formation supérieure et la possibilité de poursuivre un parcours académique loin de son pays d’origine ?
Le financement, une condition de la mobilité étudiante
Pour un étudiant qui souhaite quitter le Togo ou un autre pays africain afin de poursuivre une formation en Europe, l’admission dans un établissement constitue une étape importante, mais elle ne garantit pas que le projet soit financièrement réalisable.
Les frais d’inscription, le logement, l’alimentation, les transports, l’assurance et les autres dépenses quotidiennes doivent être anticipés. À cela peuvent s’ajouter les frais de déplacement international et les démarches administratives liées au séjour.
Une bourse peut alors jouer un rôle décisif. Selon son montant et les dépenses qu’elle couvre, elle peut alléger la charge financière supportée par l’étudiant et sa famille. Elle peut également permettre à un candidat disposant de ressources limitées d’envisager une formation qui aurait autrement été difficilement accessible.
À l’inverse, l’absence d’aide financière peut conduire certains étudiants à renoncer à un projet, à rechercher d’autres destinations ou à privilégier une formation dans leur pays d’origine. D’autres peuvent tenter de réunir les ressources nécessaires auprès de leur famille, grâce à un emploi ou par l’intermédiaire d’autres dispositifs de financement.
Ces situations rappellent que la mobilité étudiante ne dépend pas uniquement du niveau académique, du choix de la formation ou de la volonté de partir. Elle repose aussi sur les ressources économiques et sur l’existence de dispositifs capables de rendre le projet réalisable.
En Flandre, des aides soumises à plusieurs critères
Le système flamand de bourses d’études repose sur des critères qui comprennent notamment les revenus des parents, la situation familiale, la nationalité, l’âge et le programme de formation choisi.
Pour l’année académique 2025-2026, le montant moyen accordé aux bénéficiaires s’élevait à 2 069 euros dans les hautes écoles, contre 2 288 euros dans les universités, selon les données rapportées par VRT NWS. Près de 70 % des bourses ont été attribuées à des étudiants des hautes écoles.
L’augmentation du nombre de demandes approuvées est notamment associée par Statistics Flanders à une réforme introduite pendant l’année académique 2019-2020. Celle-ci a élargi le nombre de formations relevant de l’enseignement supérieur, notamment en intégrant certains programmes professionnalisants et des formations d’enseignants. Davantage d’étudiants sont ainsi devenus éligibles aux bourses.
Cette évolution montre que les règles d’accès aux aides peuvent influer sur le nombre de bénéficiaires. Elle rappelle aussi qu’une augmentation des demandes ou des bourses accordées ne signifie pas automatiquement que les besoins financiers des étudiants sont entièrement couverts.
Pour apprécier la portée de ces aides, il faudrait notamment connaître les dépenses auxquelles les bénéficiaires doivent faire face, la proportion de leurs besoins effectivement couverte et les difficultés rencontrées par les candidats dont les demandes ont été rejetées.
Pour les étudiants togolais, préparer un projet de mobilité
Pour les jeunes Togolais qui envisagent des études à l’étranger, la recherche d’un financement devrait intervenir suffisamment tôt dans la préparation du projet. Les possibilités varient selon les pays, les établissements, les filières et les conditions d’admission.
Les candidats doivent notamment vérifier les critères d’éligibilité des bourses, les dates limites de candidature, les dépenses couvertes et les conditions particulières imposées aux étudiants internationaux. Une aide destinée aux étudiants résidant déjà dans un pays ou répondant à des critères de nationalité précis ne sera pas nécessairement accessible à un candidat vivant au Togo.
Il importe également de distinguer une bourse d’études d’un financement couvrant l’ensemble des dépenses. Une aide peut prendre en charge une partie des frais de formation sans suffire à payer le logement, l’alimentation ou le transport. Évaluer le coût total du séjour permet donc de limiter les risques d’interruption des études faute de moyens.
Les établissements d’enseignement supérieur, les services de coopération universitaire et les organismes proposant des bourses constituent des sources à consulter pour identifier les dispositifs disponibles. Les candidats doivent également se méfier des intermédiaires qui promettent une bourse garantie contre paiement, sans fournir de preuve vérifiable de leur mandat.
Étudier ailleurs, mais pour quel avenir ?
La mobilité étudiante ne se limite pas à un déplacement géographique. Elle peut modifier les perspectives professionnelles, les compétences acquises et les relations entretenues avec le pays d’origine.
Certains étudiants souhaitent revenir après leur formation pour mettre leurs connaissances au service de leur communauté ou de leur pays. D’autres envisagent de poursuivre leur carrière à l’étranger, tandis que certains maintiennent des liens professionnels entre plusieurs pays. Ces trajectoires ne sont pas nécessairement définitives : les projets peuvent évoluer au fil des études et des possibilités d’emploi.
Pour les pays africains, l’enjeu consiste donc aussi à créer des conditions favorables à la valorisation des compétences acquises à l’étranger, tout en permettant aux étudiants qui le souhaitent de poursuivre leur parcours professionnel dans leur pays d’origine.
Les politiques de bourses peuvent faciliter l’accès à la formation, mais leur contribution au développement dépend de nombreux facteurs : la qualité des enseignements, la reconnaissance des diplômes, les possibilités d’emploi et les conditions de retour ou d’installation professionnelle.
Les données flamandes ne permettent pas de déterminer combien de jeunes Africains partent étudier en Europe grâce à une bourse, ni combien renoncent à leur projet faute de financement. Pour répondre à ces questions, il faudrait disposer de données spécifiques sur les étudiants internationaux, leur origine, les aides obtenues et leurs parcours.
Rendre la mobilité éducative plus accessible
L’augmentation des demandes de bourses en Flandre met en évidence l’importance des mécanismes de soutien financier dans l’enseignement supérieur. Elle rappelle que l’accès aux études dépend aussi de dispositifs qui permettent aux étudiants de couvrir, au moins en partie, les coûts de leur formation.
Pour les jeunes Africains qui envisagent une mobilité internationale, la question reste entière : comment faire en sorte que les possibilités de formation ne soient pas réservées à ceux qui disposent déjà des ressources nécessaires ?