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[Revue de presse] De la protection des mineurs aux politiques de fermeture européennes
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[Revue de presse] De la protection des mineurs aux politiques de fermeture européennes
Tamaltan Inès Sikngaye🇹🇩
Tamaltan Inès Sikngaye🇹🇩
February 28, 2026
De N’Djaména à Dakar, de Banjul à Abuja, les dynamiques migratoires africaines oscillent entre protection des personnes vulnérables, gouvernance régionale et mobilisation citoyenne. Pendant ce temps, l’Europe poursuit un durcissement marqué de ses politiques d’asile et de contrôle.

À N’Djaména, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), en partenariat avec le ministère de la Femme et de la Petite enfance, a ouvert le 2 février un atelier consacré au renforcement des procédures de détermination de l’intérêt supérieur de l’enfant en mobilité. L’objectif est de mieux intégrer les enfants concernés dans les mécanismes nationaux de protection, en tenant compte des risques spécifiques liés aux parcours migratoires, notamment la traite, l’exploitation et les violences. Cette initiative rappelle que la mobilité des mineurs constitue une réalité régionale qui exige des réponses institutionnelles adaptées.

À Dakar, quinze jeunes ont reçu leurs attestations dans le cadre du projet COMPASS, un programme soutenu par l’OIM et le ministère néerlandais des Affaires étrangères. Formation professionnelle, apprentissage de l’espagnol et promotion de la migration circulaire sont au cœur de cette initiative, présentée comme un levier de développement partagé. L’accent est mis sur l’employabilité et la mobilité encadrée, loin des routes irrégulières.

Toujours à Dakar, la question de la diaspora reste également au centre du débat. Dans une interview accordée à l’agence sénégalaise de presse, le président de l’ONG Horizons sans frontières, Boubacar Sèye, appelle les autorités à faire des Sénégalais de l’extérieur une composante organique du développement national. Au-delà des transferts financiers, il évoque un réservoir de compétences à valoriser, dans un contexte marqué par l’exploitation récente de ressources énergétiques. Il plaide pour la création d’un cadre institutionnel dédié à la gestion de la migration et à la protection de la dignité des migrants.

En Gambie, le Parlement national de la jeunesse a organisé un dialogue d’urgence sur la migration irrégulière, sous le thème « Briser le silence, sauver l’avenir ». Survivants, migrants de retour et jeunes à risque ont échangé avec les autorités et des organisations internationales afin d’identifier des solutions concrètes pour prévenir les traversées meurtrières de l’Atlantique. Cette initiative témoigne d’une prise de conscience locale face aux pertes humaines répétées.

À l’échelle régionale, la Commission de la CEDEAO a rencontré à Abuja une délégation de l’ambassade de Suède pour discuter de la gouvernance des migrations de main-d’œuvre et de la libre circulation. Les échanges ont porté sur la mise en œuvre des protocoles régionaux et sur la poursuite du Programme commun sur les migrations de main-d’œuvre. Cette coopération souligne que les mobilités en Afrique de l’Ouest s’inscrivent aussi dans un cadre légal et institutionnel visant à promouvoir des migrations sûres et ordonnées.

En Europe, les débats prennent une tournure différente. Le Parlement européen a inscrit le Maroc sur une liste commune de pays d’origine jugés sûrs, permettant un traitement accéléré des demandes d’asile de ses ressortissants. Une mesure adoptée à une large majorité, mais critiquée par plusieurs organisations de défense des droits humains qui y voient un affaiblissement du droit d’asile.

En Italie, le Conseil des ministres a approuvé un projet de loi durcissant les règles migratoires, incluant la possibilité d’un blocus maritime et la réouverture de centres pour demandeurs d’asile en Albanie. Le gouvernement invoque la protection des frontières et la sécurité nationale, dans un contexte politique marqué par la montée des discours restrictifs.

Au Royaume-Uni, la Haute Cour de justice a ordonné une compensation financière pour plus de 70 migrants arrivés en 2020 via la Manche, estimant illégale la saisie de leurs téléphones portables par les autorités de l’époque. La décision rappelle que la lutte contre les réseaux de passeurs ne peut se faire au détriment des droits fondamentaux.

Entre encadrement des mobilités et logique de fermeture, la migration continue de se jouer sur plusieurs fronts, entre responsabilité partagée et lignes de fracture politiques.


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