
VRAI
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L'AFFIRMATION
Affirmation à vérifier : On entend fréquemment que les migrants en situation irrégulière coûtent très cher aux pays d’accueil, notamment en raison de dépenses publiques importantes (services sociaux, santé, logement, sécurité, expulsions). Verdict : Partiellement vrai (les coûts existent, mais le tableau est incomplet et souvent trompeur)Les migrants irréguliers peuvent entraîner des coûts spécifiques pour les pays …
Partagé 12 400 fois sur Facebook · Publié le 15 jan 2026
Affirmation à vérifier : On entend fréquemment que les migrants en situation irrégulière coûtent très cher aux pays d’accueil, notamment en raison de dépenses publiques importantes (services sociaux, santé, logement, sécurité, expulsions).
Verdict : Partiellement vrai (les coûts existent, mais le tableau est incomplet et souvent trompeur)
Les migrants irréguliers peuvent entraîner des coûts spécifiques pour les pays d’accueil (hébergement d’urgence, contrôles aux frontières, soins d’urgence), mais ces coûts ne doivent pas être interprétés isolément. En réalité, de nombreuses études montrent que les coûts estimés sont souvent surévalués lorsqu’ils excluent les contributions économiques et fiscales des migrants, les migrants réguliers contribuent davantage aux budgets publics, et la méthodologie de comptabilisation des coûts varie fortement selon les études.
Contexte
Le débat sur le coût économique des migrants irréguliers est central dans les discours publics, notamment lors d’élections ou de crises migratoires. Cette question touche à l’emploi et les finances publiques, l’accès aux services sociaux, les dépenses pour la sécurité, les expulsions ou l’hébergement d’urgence.
Il est donc essentiel de différencier les coûts immédiats, (par exemple hospitalisations d’urgence) des effets économiques globaux (contributions fiscales, participation au marché du travail).
Méthodologie de vérification
Pour établir une analyse équilibrée, nous avons :
Analyse des données
Plusieurs sources suggèrent que certains pays dépensent des sommes notables pour gérer l’immigration irrégulière.
En Tunisie, une estimation de spécialistes évoque que les migrants irréguliers coûtent environ 400 millions de dinars par an en santé, logement et services publics, mais ce chiffre ne repose pas sur une méthodologie transparente ni sur une collecte de données officielle.
Dans le Royaume-Uni, certaines analyses estiment des dépenses publiques pour services sociaux et prestations versées à des migrants (dont partie peut inclure irréguliers) à environ £3,5 milliards (≈ 4 milliards €).
Ces chiffres sont souvent repris dans les médias, mais ils représentent des coûts bruts, sans considérer les contributions fiscales (impôts, TVA, cotisations), la part des migrants qui travaillent (même de manière informelle), l’impact à long terme sur la croissance économique.
Des recherches économiques indépendantes montrent une image plus complexe.
Une étude sur la situation fiscale des migrants dans plusieurs pays européens trouve que dans 8 des 15 pays étudiés, les migrants coûtent moins aux gouvernements que les citoyens nés sur place, surtout parce qu’ils sont souvent plus jeunes et retirent moins de prestations sociales (comme les pensions).
Une analyse fact-checking aux Pays-Bas a montré que les coûts attribués aux migrants (y compris demandeurs d’asile) étaient largement surévalués par certaines voix politiques et que les dépenses réelles représentaient moins de 1 % du PIB lorsque le calcul est fait correctement.
Souvent, les discours sur les coûts négligent les éléments suivants :
Les migrants, y compris irréguliers travaillant dans l’économie informelle, paient souvent des taxes indirectes (TVA, impôts sur consommation) et participent à l’activité économique locale.
La régularisation des migrants peut augmenter les recettes fiscales (impôts et cotisations sociales) davantage que les coûts supplémentaires en services sociaux. Une estimation britannique suggère qu’une régularisation entraînerait une augmentation nette de la fiscalité.
Dans certains pays d’Amérique latine, les migrants contribuent à la croissance économique en remplissant des emplois clés et en stimulant la demande de biens et de services, ce qui peut compenser voire dépasser les dépenses publiques associées à leur accueil.
Facteurs d’évolution
Plusieurs facteurs influencent l’impact économique net des migrants irréguliers.
Structure démographique et âge : Les migrants sont souvent jeunes, ce qui signifie qu’ils contribuent plus aux systèmes de santé et de retraite (via le travail) qu’ils n’en bénéficient.
Régularisation et intégration : Des politiques qui régularisent les migrants et facilitent leur insertion sur le marché du travail augmentent les contributions fiscales et réduisent les coûts d’administration et de mise en détention.
Accès aux services sociaux : Les migrations irrégulières dans certains pays limitent l’accès aux prestations sociales, ce qui diminue les coûts directs mais crée des situations de précarité coûteuses à long terme (dégradation de santé, marginalisation).
Considérations méthodologiques
Attention aux biais importants dans l’estimation des coûts :
Conclusion
L’affirmation selon laquelle les migrants irréguliers « coûtent cher » aux pays d’accueil est une simplification excessive.
Oui, certains coûts sont réels tels que l’hébergement d’urgence, les contrôles des frontières, les services d’urgence.
Mais ces coûts ne doivent pas être interprétés sans considérer les contributions économiques globales des migrants, qu’ils soient réguliers ou irréguliers. Et surtout, les estimations sans méthodologie rigoureuse peuvent dramatiser la situation et alimenter des discours stigmatisants.
En réalité, les migrants, y compris en situation irrégulière, contribuent beaucoup plus à l’économie qu’on ne le croit souvent. Les coûts nets peuvent être faibles, voire positifs, lorsqu’on évalue correctement taxes, contribution au marché du travail et croissance économique. Une approche équilibrée doit intégrer les bénéfices économiques, sociaux et démographiques, et non seulement des dépenses immédiates.
Données migratoires (exemple)
Office des migrations (exemple)
https://example.org18 février 2026
Source officielle