Le retour a été encore plus éprouvant. Au Maroc, la situation des migrants irréguliers est très difficile. Dans certaines villes, il n’y a pas de Noirs, et ils arrêtent tout ce qui leur ressemble. J’ai donc dû me cacher pour traverser ces zones. N’ayant pas mon passeport, j’ai dû obtenir un document appelé « Sauf conduite », un laisser-passer que je devais faire valider par la police. La distance jusqu’à la frontière durait environ quatre jours en voiture.
La première fois, je ne connaissais pas la procédure, et j’ai dû faire plusieurs allers-retours. De plus, les policiers me réclamaient souvent de l’argent. Lorsqu’un dernier agent m’a menacé de m’interdire de revenir, je n’ai pas cédé. Je suis finalement passé par la Mauritanie pour revenir au Sénégal en janvier 2024. Depuis, je travaille dans une usine de transformation de poissons.