Du Burkina Faso au Canada, Wend-Nèyellé Flora Inès Zongo trace un parcours qui force l’admiration. Étudiante en maîtrise en droit des affaires à l’Université de Montréal, elle conjugue brillamment excellence académique et engagement citoyen. Bénévole au sein d’organisations comme Amnesty International et Bienvenue Notre-Dame-de-Grâce, elle est également membre de l’Institut du Nouveau Monde.
Un engagement constant qui lui permet de rester connectée aux réalités sociales tout en contribuant activement à la promotion des droits humains, de l’inclusion et de la participation citoyenne. Une implication saluée en avril 2026 par le prestigieux Prix du juge en chef Richard Wagner de la Cour suprême du Canada.
Cette distinction honore de jeunes leaders engagés dans leur communauté, notamment dans les domaines de la justice et de l’accès au droit. Pour Inès Zongo, ce prix s’inscrit dans la continuité de son engagement au sein de Pro Bono Students Canada, section Université de Montréal.
C’est à travers ses actions en faveur de l’accès à la justice qu’elle a su se démarquer. Une reconnaissance qui dépasse les frontières de son pays natal et met en lumière une jeunesse africaine engagée et ambitieuse.
Entre défis académiques et adaptation culturelle
Titulaire d’une licence en Droit Public et d’un Master en Droit des Affaires et Fiscalité obtenus au Burkina Faso, Flora Zongo poursuit son parcours au Canada depuis 18 mois. Mais son séjour canadien n’est pas sans défis.
Avant son départ à Ouagadougou, elle fait face à des défis administratifs liés aux délais d’immigration. Cela a occasionné deux mois de retard dans son année académique. Puis, une fois arrivée au Canada, viennent les exigences académiques d’un système éducatif différent, qui requiert rigueur, autonomie et esprit critique.
À cela s’ajoute l’éloignement familial. « J’ai dû développer une grande force mentale », confie-t-elle, évoquant la nostalgie et l’adaptation à une nouvelle vie. La gestion de la pression académique, combinée à l’intégration sociale et culturelle, constitue un autre défi majeur.
L’expérience canadienne de Flora Zongo est aussi marquée par un choc culturel. Nouvelles habitudes, nouvelles façons de communiquer, nouvelles références : tout change.
Le climat représente également une épreuve. Passer de températures dépassant souvent les 30°C au Burkina Faso à des hivers à -20°C au Canada exige une adaptation rapide.
Malgré tout, elle s’approprie progressivement son nouvel environnement et transforme ces défis en opportunités d’apprentissage.
Déterminée, Flora Zongo nourrit de grandes ambitions. Elle envisage une carrière en Droit des Affaires, avec un intérêt particulier pour les investissements internationaux et le développement économique.
Son objectif : travailler à l’intersection du droit, de l’économie et de l’investissement, tout en contribuant à des projets à fort impact, notamment en Afrique. Pour elle, le droit ne se limite pas à un cadre juridique : il constitue un levier de transformation sociale.
Lire aussi : Le combat de Pélagie Nabolé pour se reconnecter à sa culture
Entre attentes, réalités et apprentissages
Avant son départ, Inès Zongo avait une vision de la migration qui s’est révélée plus complexe et enrichissante que prévu. Si les démarches administratives ne l’ont pas surprise, le choc culturel, en revanche, a été une découverte.
Sur le plan humain, son expérience dépasse ses attentes. Malgré la distance avec sa famille, elle apprend à gagner en autonomie et en responsabilité. « Avec le temps, je me suis créée une famille ici », confie-t-elle.
Entre rencontres, amitiés et échanges culturels, la migration devient pour elle un espace de partage et de croissance personnelle.
Vivre entre deux cultures n’est pas toujours évident. Mais pour Flora Zongo, cette dualité est une « force ».
« Je ne vis pas cette double appartenance comme une contradiction, mais comme une complémentarité », affirme-t-elle. Entre ouverture au monde et fidélité à ses racines, elle construit un équilibre identitaire enrichissant.
Loin des discours négatifs, Flora Zongo défend une vision constructive de la migration. Selon elle, lorsqu’elle est bien encadrée, elle représente une opportunité majeure.
À titre individuel, elle permet l’accès à des formations de qualité, au développement de compétences et à une ouverture d’esprit essentielle dans un monde globalisé.
Pour les pays d’origine, elle favorise le transfert de compétences, les investissements et l’engagement de la diaspora dans des projets de développement.
La diaspora, un levier de développement…
Toutefois, elle met en garde contre la fuite des cerveaux. Elle plaide pour une circulation des talents, où les compétences acquises à l’étranger bénéficient également aux pays d’origine.
Pour y parvenir, elle appelle à une approche proactive, inclusive et structurée, capable de transformer la diaspora en véritable levier stratégique pour le développement des États africains.
« La migration, lorsqu’elle est bien pensée, peut devenir un puissant moteur de développement, tant individuel que collectif », conclut-elle.