Le camp de Kuchaguine-Moura accueille aujourd’hui près de 25 000 réfugiés, selon Ali Djimet, responsable du site au bureau d’Abéché de la Commission nationale d’accueil et de réinsertion des réfugiés (CNARR). Il est constitué en majorité de femmes et d’enfants ayant fui les violences au Darfour. Le site continue par ailleurs d’accueillir des réfugiés relocalisés depuis la ville frontalière d’Adré. « Cet afflux constant accentue la pression sur les services disponibles », souligne Ali Djimet.
Plusieurs organisations humanitaires interviennent dans le camp, mais la réduction de certains financements internationaux fragilise des secteurs essentiels comme la santé, l’éducation ou l’accès à l’eau.
Selon les Nations unies, le Tchad accueillait à la fin de l’année 2025 plus de 1,2 million de personnes déplacées de force, dont près de 900 000 réfugiés soudanais, majoritairement des femmes et des enfants.
À Kuchaguine-Moura, ces chiffres prennent des visages. Ceux de mères qui tentent de reconstruire une vie loin de leur pays, et d’enfants qui grandissent dans l’exil, entre mémoire de la guerre et espoir d’un avenir plus stable.