![[Revue de presse] : Entre naufrages, violences et frontières durcies, les routes migratoires sous tension](/static/b8d5f2de662d13aae0e7dbd0b4a02441/470bf/Ines3-1.png)
En Afrique de l’Ouest, les tentatives de départ par voie maritime se poursuivent malgré les risques. En Gambie, plus de 780 migrants originaires du Sénégal, de la Guinée, du Mali et de la Gambie ont été interceptés début janvier alors qu’ils tentaient de rejoindre irrégulièrement l’Europe. Ces opérations sont intervenues peu après le naufrage d’une pirogue ayant transporté plus de 200 personnes, qui a fait au moins 31 morts. Un drame qui a ravivé l’émotion dans ce pays, point de départ majeur vers l’archipel espagnol des Canaries.
Au Sénégal, une pirogue partie de Gambie a été interceptée à Thiaroye-sur-Mer, en banlieue de Dakar, avec 61 personnes en situation de migration irrégulière à son bord. L’intervention des forces de sécurité s’est soldée par le décès d’une personne, rappelant que même les départs avortés restent marqués par des pertes humaines.
Au Mali, la mobilité se révèle tout aussi dangereuse sur les routes internes. Près de Tombouctou, le naufrage d’une pirogue sur le fleuve Niger a fait au moins 33 morts. L’embarcation, surchargée et ne respectant pas les normes de navigation, transportait une cinquantaine de personnes. Ce drame souligne que les risques liés à la migration ne se limitent pas aux frontières internationales, mais concernent aussi les déplacements locaux.
Plus au nord, en Afrique du Nord, la situation des migrants demeure particulièrement préoccupante. En Libye, une autre opération menée à Kufra, dans le sud-est libyen a conduit à la libération de plus de 200 migrants d’une « prison secrète ». Principalement originaires de Somalie et d’Érythrée, certains étaient détenus depuis plus de deux ans dans des conditions qualifiées d’inhumaines, avec un accès limité à l’eau, à la nourriture et aux soins, et soumis à des actes de torture en échange de rançons exigées auprès de leurs familles. Cette découverte s’ajoute à la découverte d’une fosse commune contenant 21 corps de migrants à Ajdabiya, dans le nord-est du pays. Selon les médias locaux, les victimes étaient retenues dans une ferme transformée en lieu de détention clandestin. Ces révélations interviennent alors que la Libye accueille près de 930 000 migrants, selon l’Organisation internationale pour les migrations. En 2025, plus de 27 000 personnes ont été interceptées en mer Méditerranée par les autorités libyennes, et 16 000 ont accepté un retour volontaire, illustrant une gestion migratoire largement axée sur le contrôle et l’endiguement.
En Europe, l’agence Frontex indique une baisse de 26 % des passages irréguliers aux frontières de l’Union européenne en 2025. Présentée comme le résultat d’une coopération renforcée avec les pays partenaires, cette diminution globale masque toutefois un déplacement des routes et une persistance des dangers sur les itinéraires les plus longs et les moins surveillés.
Aux États-Unis enfin, l’administration de Donald Trump a annoncé le gel des procédures de visas permanents pour 75 pays, dans le cadre de sa politique de lutte contre l’immigration. Cette décision affecte des milliers de candidats à l’installation durable et renforce la fermeture des voies légales de migration.
De l’Afrique de l’Ouest à l’Amérique du Nord, cette séquence d’actualités rappelle que si les contrôles se renforcent et que certains indicateurs reculent, les mobilités internes et régionales en Afrique, majoritairement structurantes et légales, coexistent avec des trajectoires migratoires internationales encore marquées par la violence, l’enfermement et l’incertitude.