Au Sénégal, deux actualités illustrent cette réalité contrastée. D’un côté, un programme porté par ONU Femmes a été lancé à Dakar pour renforcer les politiques migratoires sensibles au genre. L’initiative vise à améliorer l’accès des femmes migrantes à un travail décent, dans un contexte où elles restent particulièrement exposées à l’exploitation, aux violences et à la traite, notamment dans les secteurs informels. De l’autre, les tentatives de migration irrégulière se poursuivent. Une pirogue transportant 164 candidats a été interceptée au large de Djifer, tandis qu’une autre embarcation, restée onze jours en mer, a été secourue avec 139 personnes à bord et le corps sans vie d’un nouveau-né. Ces événements rappellent la dangerosité persistante de la route atlantique vers l’Europe.
Au Mali, les autorités ont engagé des consultations nationales en vue de préparer leur rapport sur la mise en œuvre du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières. Avec l’appui de l’Organisation Internationale pour les migrations, cette démarche traduit une volonté de structurer la gouvernance migratoire en cohérence avec les engagements internationaux, dans un contexte où la migration reste un enjeu majeur de développement.
En Côte d’Ivoire, la migration est abordée à la fois sous l’angle du retour et du développement. À Abidjan, 127 migrants ont été accueillis après leur retour d’Algérie dans le cadre des programmes de réintégration appuyés par des partenaires internationaux. Parallèlement, lors de consultations préparatoires au Forum international d’examen des migrations 2026, les autorités ont souligné que la migration peut constituer un levier économique et social si elle est mieux organisée. Cette double approche met en évidence une volonté de structurer les mobilités tout en valorisant leur potentiel pour le développement national.
Plus au nord du continent, en Tunisie, le recours aux programmes de retour volontaire s’intensifie. Plus de 21 000 migrants ont été rapatriés entre 2022 et 2025, avec une forte hausse ces deux dernières années. Pour 2026, les autorités espèrent atteindre 10 000 retours supplémentaires, signe d’un durcissement progressif des politiques migratoires dans le pays.
En Libye, la situation reste particulièrement préoccupante. Entre janvier et mars 2026, plus de 2 500 migrants ont été interceptés en mer et renvoyés de force sur le territoire libyen. Ces opérations, régulièrement dénoncées par les ONG, s’inscrivent dans une tendance plus large de renforcement du contrôle migratoire en Méditerranée centrale, au détriment des conditions de protection des exilés.
En Europe, les politiques migratoires oscillent entre ouverture ciblée et durcissement des dispositifs de contrôle. En Espagne, le gouvernement a élargi l’accès aux soins de santé pour les migrants en situation irrégulière. Désormais, une simple déclaration sur l’honneur permet de bénéficier d’une prise en charge médicale. Cette mesure s’inscrit dans une approche qui privilégie la cohésion sociale et l’accès aux droits, en reconnaissant la présence effective des migrants sur le territoire.À l’inverse, en France, un réseau de trafic d’êtres humains a été démantelé à Sète. Le dispositif reposait sur une méthode inédite consistant à faire passer des exilés pour des membres d’équipage de navires transportant du bétail. Une vingtaine de personnes auraient ainsi été introduites en Europe, pour des montants pouvant atteindre 22 000 euros. Cette affaire met en lumière l’adaptation constante des réseaux de passeurs face aux dispositifs de contrôle.