L’analyse de M. Fall soulève également un paradoxe économique frappant qui interpelle directement les autorités et les partenaires internationaux. Il rappelle que le ticket pour une place dans une embarcation de fortune peut atteindre les 800 000 francs CFA, une somme souvent bien plus élevée que le prix d’un billet d’avion standard. Partant de ce constat, il plaide pour une révision des politiques consulaires. « Aujourd’hui il semble que l’on accepte que la réciprocité des visas est chose impossible pour les raisons que nous connaissons tous. Mais il faudrait au moins essayer de rendre l’octroi de ce sésame accessible. Car le voyage est un mythe. Donc, en rendant les visas un peu plus accessibles, on sauve inéluctablement des vies », affirme-t-il avec force.
Enfin, le président du CM2RD estime que la solution durable se joue sur le sol national. Il préconise que l’État crée les conditions réelles pour maintenir les candidats au départ au pays, notamment par le biais de formations professionnalisantes de qualité adaptées au marché. Pour Cheikh Abdou Fall, il est impératif que le gouvernement diversifie et multiplie sa communication sur les enjeux migratoires. L’objectif est clair : informer mieux pour que chaque jeune puisse envisager un futur solide au Sénégal, tout en travaillant à rendre le voyage légal moins inaccessible pour ceux qui souhaitent découvrir le monde sans y laisser leur vie.