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Défis de la libre circulation des personnes et des biens dans l’espace CEDEAO
Découverte
Défis de la libre circulation des personnes et des biens dans l’espace CEDEAO
Ange Banouwin 🇧🇯
Ange Banouwin 🇧🇯
March 26, 2025

Malgré l’existence des textes qui organisent la circulation des personnes et des biens dans l’espace de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), notamment le Protocole sur la libre circulation, le droit de résidence et d’établissement, la réalité reste tout autre. Pour faire le constat, il suffit juste de vouloir traverser certaines frontières terrestres de l’espace communautaire.

Aliou* est Nigérien, résident au Bénin et doit se rendre au Togo voisin. Il n’a pas de passeport, ni de Carte d’identité biométrique délivrée par la CEDEAO. Cependant, il dispose du  Certificat d’identification personnel du résident, une pièce d’identification biométrique délivrée au Bénin où il vit. 

Ce matin de février 2025, arrivé à la frontière de Hillacondji au Bénin, sur le parking auto, voulant embarquer pour le Togo, les exigences des conducteurs de taxi sont sans appel. Pas question de faire valoir son Certificat d’identification personnel du résident. Sans la Carte d’identité biométrique instituée par la CEDEAO,  il devra être considéré comme quelqu’un qui voyage sans pièce d’identité, avec un coût additionnel aux frais de transport. Même procédé pour sa non-détention d’une carte de vaccination.

Cette scène est courante au niveau des frontières terrestres où très peu de voyageurs se déplacent avec leur carte de vaccination voire leur carte d’identité. Avant d’embarquer, les conducteurs se chargent de collecter les sous pour ‘’le passage’’. Si le passager est réticent, on lui propose la traversée via le corridor piéton avec le même mécanisme au niveau des postes de contrôle.

Certains conducteurs en font même des exploits. « J’étais allé à Lomé et à mon retour, j’ai pris des clients, des Nigériens et je devais les faire traverser la frontière. On s’est convenu du prix ; arrivé à la frontière, leurs bagages embarqués dans mon véhicule, je leur ai demandé d’effectuer la traversée via le corridor piéton. Une fois de l’autre côté de la frontière, je les ai embarqués dans le véhicule », raconte tout fièrement un conducteur de taxi. Des témoignages comme ceux-ci, sont légions sur les traversées au niveau  de certaines frontières terrestres de l’espace CEDEAO.

Transformer les espaces frontaliers en des lieux sans mythe   

Dans l’espace CEDEAO, l’approche communautaire donne aux citoyens qui migrent, le statut de citoyens de la communauté. Cependant, la mobilité transfrontalière ou interne est souvent confrontée à des obstacles (administratifs, économiques, idéologiques…). Que ce soit pour les personnes, que pour les marchandises. 

Outre ce volet, les  communautés de l’espace CEDEAO vivent de part et d’autre de frontières ‘’imaginaires’’.  Certains ont leur champ de l’autre côté de la frontière du pays où ils habitent. Aussi, ils ont des parents de part et d’autre. Généralement,  ils ont des voies de contournement des frontières officielles. Des réalités qui sont d’ordre sociologiques et peu évaluées par les administrations publiques des Etats.

Face aux contraintes au niveau des frontières terrestres, Jérôme Wagou, fonctionnaire de la CEDEAO, fait des clarifications.

« Il n’y a pas d’argent à payer aux frontières. Pour traverser les frontières, il faut avoir les documents de voyage. Quand on n’est pas à jour de son carnet de vaccination, il faut faire la vaccination pour se mettre en norme et traverser », indique-t-il. 

Si la finalité des sous collectés pour différents motifs au niveau de certaines frontières crée la polémique ; «  En Côte d’Ivoire, il y a des instituts de vaccination aux frontières qui sont du ministère de la santé, afin que si vous  rentrez et que vous n’avez  pas de carnet vous puissiez payer pour faire les  vaccinations » indique-t-il à Dialogue Migration. 

De ses explications, il ne s’agit pas de politique à harmoniser, mais plutôt sensibiliser les populations et les forces de l’ordre et les autorités à faciliter l’intégration régionale et la libre circulation aux frontières.

Jérôme Wagou, se veut péremptoire face à l’attitude qui s’observe à certaines frontières de l’espace CEDEAO : « Il n’y a pas quelque chose à payer. Il faut se mettre en règle. C’est pour cela que quand les personnes n’ont même pas de pièce d’identité et qu’elles arrivent, il faut les recenser pour chercher à faire une audience foraine des personnes ». 

Selon la rumeur, recevoir un vaccin à la frontière après n’avoir pas été vacciné auparavant pourrait avoir des effets négatifs. Cependant, il répond : “C’est faux, ce n’est pas vrai !” 

« La vaccination protège l’émigrant contre les maladies qu’il peut contracter, où il vas. C’est une mesure préventive. Elle ne peut pas avoir des effets négatifs parce que ce sont des produits qui sont expérimentés dans plusieurs pays. Que ce soit en Afrique ou en Europe. Cela contribue à la santé des populations », soutient Jérôme Wagou.

De ses explications, en 2005, la CEDEAO avait mis en place une politique de développement des régions frontières. Une politique devant permettre à ce que les zones frontalières ne soient des zones hermétiques, mais plutôt des zones d’échanges. « Il y a plusieurs activités d’entrée d’argent dans ces zones plus qu’on ne pense », indique-t-il. Ces dernières pouvant permettre de renflouer les caisses des États sans passer par des mécanismes de perception systématique de fonds aux frontières.  

« Un hôpital peut être construit du côté du Togo qui profite en même temps aux populations du Bénin. Des écoles peuvent être construites du côté du Bénin qui profitent aussi en même temps aux populations du Togo », suggère-t-il.

*Nom d’emprunt 


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