Le thème de la coopération Sud-Sud remet en lumière une évidence souvent négligée. Toutes les mobilités africaines ne convergent pas vers le Nord. Les échanges entre pays du Sahel, les collaborations entre artistes du Maghreb et d’Afrique de l’Ouest, les dynamiques culturelles régionales constituent une part significative des circulations contemporaines. Elles sont pourtant peu visibles dans les débats publics dominés par les politiques de contrôle. La participation d’invités venus d’Europe et d’Asie renforce cette lecture. Ces déplacements s’inscrivent dans une logique de coopération culturelle et de valorisation territoriale. Ils témoignent d’une mobilité fondée sur la reconnaissance mutuelle et la mise en réseau, et non sur la contrainte.
Évoquer la migration à partir du FICSA ne revient pas à minimiser les réalités difficiles qui traversent le Sahara. Les routes migratoires existent et continuent de produire des tragédies. Mais réduire la région à ces trajectoires de détresse empêche de saisir la diversité des circulations humaines qui la traversent.
Amdjarass rappelle que la mobilité peut aussi être liée à la création, à la transmission et à la coopération régionale. Dans un espace souvent associé au départ et à l’exil, le festival met en évidence une autre dynamique, celle d’un Sahara qui relie plutôt qu’il ne sépare.